Cassel, 23 février 1809.
Sire, j'envoie à Votre Majesté, par courrier extraordinaire, deux
dépêches chiffrées que j'ai reçues hier, non pas d'un agent
secondaire, mais d'un homme jouissant d'une grande fortune en ce
pays qui m'est entièrement dévoué et qui a des relations intimes
avec les personnes les plus distinguées de Vienne.
Bien que je pense que Votre Majesté soit déjà instruite d'une partie
des détails contenus dans ces dépêches, j'ai cru ne pas devoir les
lui laisser ignorer et j'y joins un état des forces de l'Autriche.
Les régiments westphaliens, dont j'ai annoncé le départ à Votre
Majesté, sont arrivés à Mayence. Il y a eu quelques déserteurs parce
qu'on leur a fait croire sur la route qu'ils allaient être désarmés
à Mayence et envoyés dans les Îles. Je vais les remplacer sur le
champ et porter cette division à 8000 hommes[114].
[Note 114: Cette division était dirigée sur l'Espagne où elle
périt presque tout entière. Le général Morio, qui la
commandait, ne reconquit pas la faveur impériale, car on
assure que ce malheureux officier s'étant présenté aux
Tuileries, à son retour de la Péninsule, Napoléon lui dit
brusquement: «Qui êtes-vous?--Le général Morio.--Vous
général? Dans mon armée vous ne seriez pas caporal.»]
J'ai donné le commandement de cette division au général Morio que je
veux mettre à même de prouver à Votre Majesté ses véritables
sentiments.
Sous ses ordres seront les généraux de brigade Weber et Boerner et
le chef d'état-major Hersberg.
Je viens d'ajouter une seconde compagnie d'artillerie.