CHAMPAGNY À REINHARD.

Paris, le 23 février 1809.

Monsieur, S. M. l'Empereur et Roi a eu sous les yeux vos dépêches

des 3, 5 et 9 février, nºs 13, 14 et 15, et les deux bulletins y

joints, et m'a donné un ordre qu'il m'est agréable de remplir, celui

de vous témoigner sa satisfaction pour ces dépêches et de vous

mander qu'il les a lues avec intérêt.

Bien que les dépenses du roi n'aient pas été aussi grandes que vous

l'avez dû croire, ignorant que le Roi ne touchait point son

traitement de prince français, comme elles ont de beaucoup dépassé

sa liste civile, l'Empereur lui a écrit pour lui en témoigner son

mécontentement; mais le Roi s'en excuse en niant la vérité du

reproche. Sa Majesté sent combien il est nécessaire d'inspirer à ce

prince un esprit d'économie et elle vous charge de profiter des

occasions que le Roi, s'entretenant avec vous, vous fournira pour le

faire, avec l'à-propos et la mesure qui vous sont propres.

Du reste, S. M. croit utile que vous sachiez que ce que le Roi vous

a dit d'une question que l'Empereur lui aurait faite à votre sujet

et de sa réponse n'est qu'une forme plus aimable donnée par ce

prince à un compliment auquel vous ne sauriez mieux répondre qu'en

redoublant d'attention et de vigilance.

Quant aux doutes que ma lettre du 25 janvier vous avait laissés, Sa

Majesté me charge de vous faire connaître que les Français employés

dans le palais au service du Roi et naturalisés Westphaliens, tels

que M. le comte de Fürstenstein et autres qui peuvent être dans le

même cas, n'étant plus Français sont libres d'accepter les

décorations qui leur sont données. Tous les autres n'en peuvent

accepter sans l'autorisation de Sa Majesté I. et R.

Sa Majesté vous recommande de voir souvent M. Siméon et le général

_Eblé_ pour connaître leur opinion et leur position et la lui faire

connaître.

Des symptômes assez sérieux commençaient à faire prévoir une prise

d'armes de l'Autriche et il était à craindre que des troubles ne

vinssent à éclater en Westphalie. Jérôme, prévenu par divers

rapports et par quelques correspondances, en écrivit à l'empereur.

On trouvera aussi plus loin, à la date du 24 février, une lettre de

Reinhard à ce sujet, adressée à M. de Champagny.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 92 / 358 题