JÉRÔME À NAPOLÉON.

Cassel, 13 mars 1808.

Sire, je viens de recevoir à l'instant la nouvelle de Vienne que le

comte Charles de Grüne, nommé ministre de l'Autriche près de moi,

était sur son départ pour Cassel. Je supplie Votre Majesté de me

dire qui je dois envoyer à Vienne.

Le roi de Prusse auquel je n'ai fait d'autre communication que celle

de mon avènement au trône, a jugé à propos de m'écrire, en outre de

la réponse à cette notification, une lettre particulière dans

laquelle il m'exprime le désir qu'il a que nous établissions le plus

tôt possible entre nous les communications qu'il désire de voir

subsister. Comme j'ignore où nous en sommes avec ces deux cours, je

désire que Votre Majesté veuille me dire ce que je dois faire et

qu'elle soit persuadée, quant aux insinuations faites à Vienne par

l'entremise du ministre de Hollande, que c'est une légèreté de ma

part dont je sens la conséquence et qui n'est due qu'à la présence

de ce ministre auprès de moi que j'ai chargé, lors de son départ

pour Vienne et sans réflexion, de ma communication.

J'espère que Votre Majesté n'a pu me supposer d'autres motifs ni

intentions dans cette circonstance et je me plais à croire qu'elle

connaît trop bien la pureté de mon coeur et de mes sentiments pour

me taxer un seul instant d'ingratitude.

On voit par cette lettre combien le jeune roi se faisait petit

auprès de son frère, sous la dépendance duquel il était en tout et

pour tout. La lettre suivante corrobore ce que nous avançons:

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 81 / 358 题