Cassel, 12 mars 1808.
Sire, je viens de recevoir la lettre du 6 mars que Votre Majesté a
bien voulu m'écrire. Les reproches qu'elle m'adresse sur l'audience
des Juifs ne me sont pas applicables; c'est M. Siméon qui les a
convoqués à mon insu et je les ai reçus dans mon cabinet, sans
aucune cérémonie, et ignorant absolument tout ce qu'ils allaient me
dire. Ceux aussi que Votre Majesté me fait relativement au _Moniteur
Westphalien_ doivent également être appliqués à MM. Siméon et
Beugnot. Ils m'ont proposé une gazette officielle, ils l'ont dirigée
et je me suis borné à leur dire de faire ce qu'ils jugeraient
convenable à ce sujet.
M. Beugnot a sollicité depuis huit jours la permission de retourner
à Paris pour le mariage de sa fille et pour des affaires
particulières, et il n'est resté jusqu'à ce jour à Cassel que parce
que j'ai désiré qu'il assistât au Conseil d'État pendant la
discussion du projet sur les forêts qui est de la plus grande
importance sous le rapport des finances[104].
[Note 104: M. Beugnot fut remplacé au ministère des finances
de Westphalie par M. de Bulow, qui passait pour aimer peu les
Français.]
M. Siméon paraît désirer rester auprès de moi et je le garde avec
autant de plaisir que j'en aurais eu à conserver M. Beugnot, s'il
l'avait accepté.
Je prie Votre Majesté de croire que dans toutes les circonstances je
chercherai toujours à faire ce qui pourra lui être agréable.