Cassel, 26 février 1808.
Sire, étant informé que M. Jollivet doit se plaindre à Votre Majesté
de n'avoir pas été invité à la fête qui a eu lieu pour
l'anniversaire de la naissance de la reine, j'ai voulu prévenir
Votre Majesté des motifs qui m'ont décidé, afin d'éviter le plus
léger doute sur mes intentions qui seront toujours d'être agréable à
Votre Majesté.
La fête qui s'est donnée était tout à fait intime et dans une très
petite maison de campagne, cependant deux conseillers d'État
français y étaient invités, tandis que mon ministre de la guerre ne
l'était pas. Ce motif aurait été suffisant, mais il en existe un
autre. Il est arrivé plusieurs fois que M. Jollivet, invité à la
cour, n'y venait point, non plus que sa femme; que d'autres fois ils
s'y rendaient bien, mais se permettaient de sortir du cercle avant
que la reine ni moi en fussions sortis, quoique cela leur ait été
plusieurs fois reproché.
Je ne rends compte de cette circonstance à Votre Majesté que parce
que mon plus vif désir est de la persuader que je n'ai d'autre but
que de lui plaire.