Cassel, 23 février 1808.
Sire, je reçois à l'instant la lettre que Votre Majesté a bien voulu
m'écrire de Paris, en date du 16[103]. Je prie Votre Majesté de
croire que je n'ai absolument en vue que de faire tout ce qui peut
lui convenir; si j'ai mal fait dans cette circonstance, c'est par
ignorance. Je ferai cependant observer à Votre Majesté que je
n'avais désigné un ministre pour Vienne que d'après la lettre de M.
de Champagny, écrite de Milan, dont j'ai envoyé la copie à Votre
Majesté. J'ai eu tort de choisir M. de Merweld, mais j'ignorais
absolument ce qui se passe. Il m'avait fait cette demande, il est
riche et avait des parents à Vienne; j'ai encore cru bien faire,
j'en ai rendu compte à Votre Majesté qui ne m'a rien répondu;
cependant il ne partira pas, mais je désirerais savoir (comme il
était déjà désigné pour aller à Vienne), si Votre Majesté croit
qu'il y aurait de l'inconvénient à l'envoyer à Munich. J'attendrai
au reste à connaître les intentions de Votre Majesté. Je le répète,
Sire, je n'ai qu'un désir, celui de faire tout ce qui peut convenir
à Votre Majesté.
[Note 103: Cette lettre de Napoléon nous manque. Elle était
relative à M. de Merweld, dont l'empereur croyait avoir à se
plaindre.]
Quant à M. d'Hardenberg, il m'a été proposé par les conseillers de
Votre Majesté, ainsi que les sept autres préfets, et, comme je n'en
connaissais aucun, j'ai approuvé le travail parce que je ne pouvais
le juger, sauf à le rectifier par la suite. Au reste, je puis dire à
Votre Majesté que je suis fort content de M. d'Hardenberg et qu'il
n'est pas le frère de celui de Prusse, mais un parent très éloigné.
Je prie Votre Majesté d'être persuadée que si je recevais plus
souvent de ses lettres, je ferais tout ce qu'elle désire, ne m'étant
proposé en montant sur le trône que de rendre mes peuples heureux et
de contenter en tout Votre Majesté auprès de laquelle je serais bien
plus heureux.