MORIO À JÉRÔME.

Minden, 2 août 1807.

Votre Majesté sait que Hildesheim est une belle et riche province.

Le comté de Schauenburg est encore plus beau. Ce pays est, ainsi que

Lippe, Buckeburg, cultivé comme un jardin. Il a des mines de

houille, peu productives à la vérité, mais qui peuvent peut-être

gagner avec une administration plus éclairée. Les jolis bains de

Nenndorf qui ne sont qu'à trois milles d'Hanovre dépendent de

Schauenburg.

J'ai oublié de dire à Votre Majesté que les habitants de Hildesheim

voulaient prêter de suite, en mes mains, le serment de fidélité à

Votre Majesté. J'ai répondu que le serment se prêterait avec la

prise de possession qui aurait lieu le 1er septembre.

Toutes les provinces attendent avec impatience ce moment de prise de

possession. Effectivement, il arrêtera les réquisitions, la sortie

d'argent; et ce jour-là seulement votre peuple se croira un corps

de nation. Partout l'intendant général ou l'administrateur général

de la grande armée ont ordonné de vendre tout ce qui était en

magasin, et de presser la rentrée des fonds, comme si ces pays

devaient être rendus à un ennemi.

Votre royaume, Sire, ne cesse pas d'être français, en passant dans

les mains de Votre Majesté. Aussi les ressources de l'État sont à

ménager par la France comme par nous. La remise au 15 août, de

toutes les sommes dues, ferait un bien grand effet en faveur de

Votre Majesté. Au reste plus de la moitié des provinces a payé la

totalité de l'imposition de guerre.

Schauenburg sera réuni à Minden pour former un département. Tous

s'accordent à me dire que Harvensberg doit aussi entrer dans le même

arrondissement.

Je vais ce matin visiter l'abbaye de Corvey[96] pour remplir

l'instruction de Votre Majesté relativement à la dotation de son

ordre de chevalerie.

[Note 96: Ancienne abbaye de Bénédictins d'Allemagne, à 15

lieues de Minden, sur la rive gauche du Weser.]

Minden était tout prussien il y a huit jours. La nouvelle certaine

de la paix et du traité qui la cède à Votre Majesté, l'a changée

totalement. Elle attend avec joie votre arrivée; elle se promet de

grands avantages: 1º du rapprochement de la capitale; 2º de la

réunion au royaume, de Brunswick, de Hildesheim, de Schauenburg; 3º

du commerce avec la France; 4º des routes qu'elle croit voir

établies par la ville pour les communications du Rhin avec l'Elbe.

Minden est beaucoup mieux placée que Hammeln pour être place de

guerre. Ainsi, dès que l'empereur fait raser la place hanovrienne,

il sera plus simple et plus militaire de fortifier un jour Minden,

si l'on veut un point fort sur le Weser. Nienburg hanovrien est

totalement rasé depuis quelque temps.

Les provinces de Minden et de Harsewinkel envoient aussi des députés

à Paris.

On est très content ici de l'intendant M. Sicard, sous-inspecteur

aux revues. Il m'accompagne à Corwey et à Paderborn qui sont de son

ressort.

Je serai peut-être ce soir à Paderborn; dans tous les cas je serai

le 4 au soir de retour à Cassel et partirai le 5 ou le 6 pour Paris,

où j'arriverai le 12.

La population de vos sujets ne s'élevant qu'à 1,900,000 et celle des

vassaux à 300,000 âmes au plus, il serait possible que l'empereur

augmentât votre pays. Alors, Sire, tous les hommes éclairés

désirent d'abord quelques arrondissements dans le Hanovre, ensuite

le cours de l'Ems.

Osnabruck n'a que 36,000 âmes; et cependant je devrais en faire un

département. Le Teklenburg est aux portes de la ville même

d'Osnabruck. Si Votre Majesté pouvait obtenir cette petite province,

elle arrondirait ce département coupé par Teklenburg. En général, on

voudrait avoir le cours de l'Ems depuis sa naissance dans la

principauté de Ravensberg jusqu'à son entrée dans la principauté

d'Arenberg. Cela vous donnerait une petite portion de la province de

Münster avec Teklenburg et Lingen. Je parlerai plus au long de cela

dans mon mémoire.

Dans ma première lettre de Cassel, j'ai parlé de l'importance de

Schmalkaden, situé près Eisenach, à cause de la fabrique de fusils.

Votre Majesté trouvera au Harz les bâtiments d'une ancienne fabrique

qui a été détruite par les Français, sous le maréchal prince

Bernadotte, et dont les ouvriers ont été envoyés en France. Votre

Majesté pourra la rétablir.

J'ai oublié de dire à Votre Majesté qu'elle avait à Brunswick un

théâtre français soutenu des fonds du feu duc.

Les forêts de Minden sont mal entretenues. Le grand maître des

forêts n'est pas bon. Au reste, dans la plupart des provinces

prussiennes, les bois n'ont pas une police très sévère. Les agents

sont pourtant instruits. Il manquait la volonté du gouvernement.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 72 / 358 题