JOSEPH À JULIE.

Madrid, 1er novembre 1811.

Ma chère amie, je n'ai pas reçu de tes lettres par la dernière

estafette, j'attends avec impatience de savoir que tu te portes bien

et que l'empereur m'envoie effectivement l'argent que je lui ai

demandé, sans lequel je ne puis rien faire de bon ici, le million

qu'il m'a promis comme avance à dater du 1er juillet et un autre

million en remplacement du quart des autres arrondissements.

Marius Clary a été très malade, mais il est mieux, tu m'as parlé de

deux partis pour sa soeur, je ne connais pas le personnel du

_civil_, mais, s'il est bon, je le préfère au _militaire_, dont tu

me parles.

Le roi Joseph avait beaucoup d'affection pour le général Hugo,

employé à Madrid. Le général vivait en mauvaise intelligence avec sa

femme, il lui écrivit le 30 janvier 1812:

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt tout ce que vous m'avez écrit, ainsi

que Mme Hugo.

Mon désir le plus constant est que vous vous arrangiez de manière à

être heureux, je n'ai rien négligé pour cela, l'attachement que je

vous porte m'en a fait un devoir; mais, si mes voeux ne se réalisent

pas, je ne dois pas vous cacher que ma volonté est que vous ne

donniez pas ici un exemple scandaleux en ne vivant point avec Mme

Hugo comme le public a droit de l'attendre d'un homme qui, par sa

place, est tenu à donner le bon exemple.

Quel que soit le regret que j'aurais de vous voir éloigné de moi, je

ne dois pas vous cacher que je préfère ce parti au spectacle

qu'offre votre famille depuis trois mois.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 50 / 358 题