JOSEPH À JULIE.

Madrid, le 1er février 1812.

Ma chère amie, je n'ai rien de bon à t'écrire après la prise de

Valence; la récolte a été mauvaise et le blé est très cher, il y a

beaucoup de misère ici; je reçois à peine la moitié de ce qui

m'avait été promis à Paris, et je serais impardonnable d'être

reparti si j'avais pu prévoir l'avenir qui m'attendait dans ce pays.

Les avantages que je pouvais tirer de la reddition de Valence par le

grand nombre de soldats qui abandonnent l'insurrection, vont bientôt

être perdus par le dénûment où je me trouve et d'argent et de moyens

de m'en procurer; quelle sera la fin de tout ceci, je l'ignore et ne

veux pas la prévoir: 1º l'unité dans le commandement et dans

l'administration; 2º un but fixe et certain offert à toutes les

provinces, pourraient encore sauver nos affaires et il faudrait que

l'empereur fit encore beaucoup de sacrifices d'argent, sans cela

tout ira mal et va déjà si mal que, ne pouvant rien, je dois désirer

que cela finisse pour moi le plus tôt possible.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 51 / 358 题