Madrid, le 1er octobre 1811.
Ma chère amie, je n'ai pas eu de tes lettres par le dernier
courrier, les enfants m'ont écrit que tu étais à Compiègne; il m'est
dû près de trois millions de francs sur le prêt que l'empereur m'a
promis d'un million par mois à dater du 1er juillet, aussi suis-je
dans les plus grands embarras; écris-moi si tu comptes partir, ne te
mets pas en route sans être précédée ou accompagnée par six millions
au moins, afin que je puisse avoir l'esprit en repos pour quelque
temps, faute de quoi il vaut mieux rester à Paris, car, sans argent,
sans troupes, sans commandement véritable, il est impossible que ma
position se prolonge longtemps; je me porte bien.