Madrid, 6 novembre 1810.
Ma chère amie, j'ai reçu tes lettres des 12 et 14, je t'ai déjà
écrit que c'est toi plus que moi qui peut décider s'il convient que
tu viennes ici, ce voyage doit être entrepris ou différé selon que
les affaires d'Espagne à Paris s'arrangent ou se brouillent, elles
ne peuvent pas rester longtemps telles qu'elles sont, cette crise ne
peut pas durer, il faut avancer ou reculer. Si je dois retourner en
France, il est inutile que tu viennes en Espagne, si je dois rester
en Espagne, il faut y venir. Mais, pour que je puisse y rester, il
faut que l'empereur fasse ce que je lui ai écrit par la lettre dont
était porteur M. d'Almenara, à laquelle il n'a pas répondu.