JOSEPH À JULIE.

Madrid, 3 novembre 1810.

Ma chère amie, j'ai reçu tes lettres des 9, 10, 12 octobre,

renvoie-moi Gaspard avec des nouvelles sur les bruits qui courent

ici et qui font présager de nouveaux changements pour moi; dis-moi

ce qu'il en est, tu sais tout ce que je t'ai écrit. Si la retraite

est possible, je la préfère à un nouveau trône; si cela est

impossible, je préfère retourner à Naples plutôt que de faire une

nouvelle royauté quelle qu'elle soit.

La position des affaires ici est horrible et bientôt elle sera

irrémédiable. L'empereur n'a rien répondu à tout ce que je lui ai

écrit sur un sujet aussi important pour la gloire et le bonheur de

deux grandes nations.

Je t'embrasse avec mes enfants, je me porte bien.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 38 / 358 题