Madrid, 3 novembre 1810.
Ma chère amie, j'ai reçu tes lettres des 9, 10, 12 octobre,
renvoie-moi Gaspard avec des nouvelles sur les bruits qui courent
ici et qui font présager de nouveaux changements pour moi; dis-moi
ce qu'il en est, tu sais tout ce que je t'ai écrit. Si la retraite
est possible, je la préfère à un nouveau trône; si cela est
impossible, je préfère retourner à Naples plutôt que de faire une
nouvelle royauté quelle qu'elle soit.
La position des affaires ici est horrible et bientôt elle sera
irrémédiable. L'empereur n'a rien répondu à tout ce que je lui ai
écrit sur un sujet aussi important pour la gloire et le bonheur de
deux grandes nations.
Je t'embrasse avec mes enfants, je me porte bien.