JOSEPH À JULIE.

Madrid, 16 novembre 1810.

Ma chère amie, je reçois tes lettres des 22, 23 et 24, ma position

est toujours la même, je suis ici bientôt un être parfaitement

inutile; tous les généraux correspondent avec le major-général,

prince de Neufchâtel. Les habitants s'exaspèrent tous les jours

davantage, le peu de succès que j'avais obtenu est effacé tous les

jours. L'empereur ne me répond pas, il ne me reste donc qu'à me

retirer des affaires. Ma santé d'ailleurs toujours inaltérable

commence à se ressentir de ma position équivoque, ridicule et

bientôt déshonorante, si je la supportais plus longtemps.

Occupes-toi donc de me trouver à louer une grande terre à cent

lieues ou soixante lieues de Paris; je suis décidé à m'y rendre et

de tout quitter, puisque je ne puis pas faire le bien ici et que

tout ce que j'ai dit et fait jusqu'ici devient inutile.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 40 / 358 题