ADÈLE À HENRI DE MIRALBE.

«Je vous remercie, mon frère, de ne pas m'abandonner: prenez ma défense

avec courage; je suis innocente. Dans un temps plus heureux, jamais,

jamais on ne vous accusa devant Adèle sans qu'elle élevât la voix en

votre faveur; et c'est sans doute un de ses crimes auprès de M. de

Miralbe. Votre lettre a ranimé mes esprits: je craignois que _ceux dont

l'opinion est nécessaire à mon repos_, ne se laissassent tromper par mes

accusateurs: qu'ils me conservent leur estime, c'est la seule chose à

laquelle il me soit permis de prétendre après le scandale affreux... Mon

frère, lisez la lettre que je vous envoie; elle n'avoit pas été écrite

pour vous: un sentiment au-dessus même de l'espérance me forçoit à

confier mes peines à qui ne pouvoit plus les adoucir. Faites-en l'usage

qu'il vous plaira; votre amitié me répond que vous exaucerez les voeux

d'une infortunée dont le coeur est trop pur et l'ame trop désintéressée

pour n'être pas capable de la plus vive reconnoissance.»

Frédéric · 第 66 / 76 题