Balzac accepte l'hospitalité d'un château voisin d'où il voit de
près Clochegourde. Il se promène, rencontre M. de Mortsauf, se lie
avec lui et acquiert son amitié. Les scènes douces et amères qui
suivent ce moment sont remarquablement écrites, mais ressemblent à
toutes. On peut dire que le chef-d'oeuvre finit là. Le reste est
beau, mais vulgaire; la femme n'a ni assez de vertu pour congédier
l'amant, ni assez d'amour pour s'y livrer tout entière. Cela n'est
plus chaud, cela devient tiède; la tiédeur amène la froideur, et
la dernière partie du roman fait douter de la première. Évidemment
cela me ressemble, quand, voulant associer l'hypocrisie du monde au
délire de la passion, j'écrivis ce livre, à moitié vrai, à moitié
faux, intitulé _Raphaël_. Le public se sentit trompé et m'abandonna.
Je l'avais mérité; la passion est belle, mais c'est à condition
d'être sincère. Il en est ainsi du _Lis dans la vallée_. Où renoncez
à peindre l'amour, ou sacrifiez-le à la vertu. Ces caractères
hermaphrodites commencent par le charme et finissent par le dégoût.
Mais la première moitié du _Lis dans la vallée_ ressemble au Cantique
des Cantiques terminé par une homélie de courtisans ambitieux de la
cour de Charles X. On ne s'intéresse plus à personne; et on sent que
l'auteur se désintéresse à la fin de lui-même.