Après un long séjour, sans vacance, dans un collége sévère et
presque monastique où il ne se distingua que par sa paresse et son
étourderie, il fut renvoyé sans espoir chez son père. Sa mère s'en
chargea. Elle lui fit faire dans ce beau pays des promenades de
santé qui lui profitèrent; la cathédrale gothique de Saint-Gatien
rendit son imagination pittoresque. Sa mémoire le rendit religieux;
la mémoire des enfants n'est qu'image. Il redoutait son père comme
un implacable censeur étranger à ses impressions. Il aimait, mais il
craignait sa mère comme une justice rigoureuse; il ne se révélait à
aucun des deux.
À la fin de 1814, le père de Balzac fut nommé directeur des vivres à
Paris. Son fils acheva de médiocres études dans un pensionnat de la
rue Saint-Louis au Marais. Deux ans après il rentra définitivement
dans la maison paternelle. Il suivit les cours de Sorbonne. MM.
Villemain et Cousin lui inspirèrent ses premières admirations. Il
prit sous eux le goût des livres. Il commença à en recueillir sur les
quais.