Nous avons dit en commençant que tous les manuscrits originaux
d'Aristote, recueillis à Athènes par Sylla, furent emportés par lui à
Rome. À la chute de l'empire romain, tout fut dispersé et oublié. Les
moines, au treizième siècle, les recherchèrent et les traduisirent.
L'_Histoire des animaux_ fut ravivée par un bénédictin du Brabant,
Thomas de Cantimpré. Georges de Trébizonde et Théodore de Gaza la
retraduisirent au quinzième siècle.
Le premier livre de l'_Histoire des animaux_ commence par une belle
et savante anatomie de l'homme, destiné à servir de type à la
construction des animaux inférieurs à l'homme. On voit que la science
médicale moderne ne dépasse pas les éléments qu'Hippocrate avait
laissés à ses descendants; c'est une folie d'imaginer que la science
anatomique de l'homme ait attendu des milliers d'années pour éclairer
la pratique des médecins; la vie a toujours cherché dans la mort son
secret: le progrès n'est ni aussi lent ni aussi ignorant qu'on le dit.