Mais cette époque de sa vie allait finir; la Grèce allait changer.
Rien ne dure, surtout les prodiges. La guerre aux Perses, méditée
par Philippe, fanatisait le Péloponnèse; Démosthène, plus sophiste
d'opposition que véritablement patriote, tonnait contre le roi de
Macédoine; tout était troubles et factions dans Athènes. Philippe,
dont le fils Alexandre touchait à l'âge des études sérieuses, rappela
Aristote à sa cour pour lui confier la dernière éducation de son
fils. Aristote, que son devoir comme sujet macédonien forçait autant
que son affection pour Philippe à se consacrer à Alexandre, se rendit
aux voeux du roi et se dévoua pendant cinq ans à élever le maître
futur du monde. Ce fut alors qu'il se maria. Il épousa Pythias, jeune
Grecque qui mourut peu d'années après son mariage, et dont il n'eut
qu'un fils. Il prit alors, non comme femme légitime, mais comme
concubine légale, Herpyllide. Il en eut un fils auquel il donna le
nom de Nicomaque, et qu'il aima tendrement comme il avait aimé la
mère.