VIII.

Mais cette époque de sa vie allait finir; la Grèce allait changer.

Rien ne dure, surtout les prodiges. La guerre aux Perses, méditée

par Philippe, fanatisait le Péloponnèse; Démosthène, plus sophiste

d'opposition que véritablement patriote, tonnait contre le roi de

Macédoine; tout était troubles et factions dans Athènes. Philippe,

dont le fils Alexandre touchait à l'âge des études sérieuses, rappela

Aristote à sa cour pour lui confier la dernière éducation de son

fils. Aristote, que son devoir comme sujet macédonien forçait autant

que son affection pour Philippe à se consacrer à Alexandre, se rendit

aux voeux du roi et se dévoua pendant cinq ans à élever le maître

futur du monde. Ce fut alors qu'il se maria. Il épousa Pythias, jeune

Grecque qui mourut peu d'années après son mariage, et dont il n'eut

qu'un fils. Il prit alors, non comme femme légitime, mais comme

concubine légale, Herpyllide. Il en eut un fils auquel il donna le

nom de Nicomaque, et qu'il aima tendrement comme il avait aimé la

mère.

Cours familier de Littérature - Volume 18 · 第 15 / 145 题