VII.

Aristote, remarqué alors pour son aptitude, pour ses travaux et pour

sa modestie, dans l'école de Platon, suivit, pendant seize ans, les

leçons de ce philosophe ou plutôt de ce poëte de l'immortalité. Mais,

quand Platon voulut transporter sur la terre ses rêves impossibles

et introduire ses fantaisies dans le domaine des réalités, Aristote

le plaignit, repoussa modestement ses doctrines politiques, aigrit

son maître, qui tenait plus à ses chimères qu'aux vraies doctrines

de Socrate, et s'éloigna respectueusement de lui. Il crut qu'il ne

convenait pas de donner au peuple des rêves dont le réveil pourrait

être funeste. Il soutint que le caractère de toute vérité était

d'être pratique, et que la moindre découverte en ce genre valait

mieux pour lui et pour l'État que les plus beaux songes.

Cours familier de Littérature - Volume 18 · 第 14 / 145 题