Aristote, remarqué alors pour son aptitude, pour ses travaux et pour
sa modestie, dans l'école de Platon, suivit, pendant seize ans, les
leçons de ce philosophe ou plutôt de ce poëte de l'immortalité. Mais,
quand Platon voulut transporter sur la terre ses rêves impossibles
et introduire ses fantaisies dans le domaine des réalités, Aristote
le plaignit, repoussa modestement ses doctrines politiques, aigrit
son maître, qui tenait plus à ses chimères qu'aux vraies doctrines
de Socrate, et s'éloigna respectueusement de lui. Il crut qu'il ne
convenait pas de donner au peuple des rêves dont le réveil pourrait
être funeste. Il soutint que le caractère de toute vérité était
d'être pratique, et que la moindre découverte en ce genre valait
mieux pour lui et pour l'État que les plus beaux songes.