La foi, c’est l’haleine des anges,
C’est l’amour _sans flammes étranges_!
C’est l’amour, toujours dévorant, mais transposé et sublimé, qui fait
trouver à la muse devenue ange pour l’absorption finale, la résorption
rédemptrice de sa terrestre passion contrainte dans le foyer de
la ferveur éternelle, des images comparables aux seules Dantesques
descriptions du paradis--mais avec moins de blancheur.
Seigneur! Qui n’a cherché votre amour dans l’amour?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Comme un oiseau s’enfuit, je m’en vais dans l’espace
Chercher l’immense amour où mon cœur s’abreuva...
et par les plus touchantes variantes de charité et de prière, de
croyances et de sentiments, atteindre, en même temps que Dieu même, les
plus fluides matérialisations de la pensée et du langage.
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.
NATURE, c’est l’amour--je dirais volontiers _atmosphérique_, tant le
poëte y fait entrer de parcelles vivantes et vibrantes du Cosmos--de
tout ce qui l’entoure, et tant son art spontané met de passion dans ses
paysages, comme tout à l’heure il mêlait et fondait de chaleur et de
lumière dans sa tendresse qui lui faisait s’écrier:
C’était un jour de charité divine
Où, dans l’air bleu, l’éternité chemine.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
_C’était partout comme un baiser de mère!_
Les deux aires de ce naturel amour sont l’_Amour des fleurs_.
A quelque chère idole en tous temps asservie,
Je tombais à genoux pour adorer des fleurs,
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
_Il semble que les fleurs alimentent ma vie._
Et l’_Amour de l’eau_, dont je ne crains pas de dire qu’il pourrait
bien être solidaire du goût de cette tendre femme pour les larmes, si
j’en crois ce mystérieux vers.