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L’impression qui succède à celle que je viens de dire (à savoir notre
rachat par cette souffrance, notre rafraîchissement par cette brûlure,
notre apaisement par cette ardeur), c’est une impression d’immersion,
puis de submersion. Nous sommes noyés d’efflorescences et d’effluves,
de sourires, de soupirs et de souvenirs. C’est à cet assaut par une
tempête de feux et de pleurs qu’il faut sans doute attribuer l’air
d’incomplet et de vague même des meilleurs essais autour de cette
œuvre. Études sous forme d’articles, reprises avec ardeur, puis qu’on
dirait rebutées, et qui ont de la lutte des barques contre une mer
démontée, une phosphorescente mer faite de larmes et de flammes.
Après bien des reprises, je vous livre la ruse dont j’usai pour essayer
de vaincre cette tempête, en enfermer dans mes outres les ouragans et
les caresses, les bises et les brises pour les y retrouver à loisir,
vous les distiller et vous les dire. Puisse, au nom de cet inestimable
bienfait, le subterfuge ne pas vous paraître puéril, si le service vous
est tant soit peu rendu.
Au cours de mes promenades et mes rêveries entre les mystérieux
_bocages du sentiment_, de ces volumes, ainsi que les nomme
prestigieusement Baudelaire, il me sembla pourtant finir par en démêler
le méandre. Et ce ne fut pas sans exultation qu’en ayant tracé et
dressé le plan, je le vis subdivisé en autant de charmilles et de
chapelles qu’en avait taillées et ciselées notre poëtesse; et que j’en
fis et y fis tour à tour rentrer son multiforme génie ainsi qu’il
arriva à ce Protée du conte Oriental qui se réintégra en sa fiole.
Mais si ce livre est bocage, il est aussi buisson ardent. Océan ou
forêt l’amour y brûle et roule
L’amour, ce ciment des âmes
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