II

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L’impression qui succède à celle que je viens de dire (à savoir notre

rachat par cette souffrance, notre rafraîchissement par cette brûlure,

notre apaisement par cette ardeur), c’est une impression d’immersion,

puis de submersion. Nous sommes noyés d’efflorescences et d’effluves,

de sourires, de soupirs et de souvenirs. C’est à cet assaut par une

tempête de feux et de pleurs qu’il faut sans doute attribuer l’air

d’incomplet et de vague même des meilleurs essais autour de cette

œuvre. Études sous forme d’articles, reprises avec ardeur, puis qu’on

dirait rebutées, et qui ont de la lutte des barques contre une mer

démontée, une phosphorescente mer faite de larmes et de flammes.

Après bien des reprises, je vous livre la ruse dont j’usai pour essayer

de vaincre cette tempête, en enfermer dans mes outres les ouragans et

les caresses, les bises et les brises pour les y retrouver à loisir,

vous les distiller et vous les dire. Puisse, au nom de cet inestimable

bienfait, le subterfuge ne pas vous paraître puéril, si le service vous

est tant soit peu rendu.

Au cours de mes promenades et mes rêveries entre les mystérieux

_bocages du sentiment_, de ces volumes, ainsi que les nomme

prestigieusement Baudelaire, il me sembla pourtant finir par en démêler

le méandre. Et ce ne fut pas sans exultation qu’en ayant tracé et

dressé le plan, je le vis subdivisé en autant de charmilles et de

chapelles qu’en avait taillées et ciselées notre poëtesse; et que j’en

fis et y fis tour à tour rentrer son multiforme génie ainsi qu’il

arriva à ce Protée du conte Oriental qui se réintégra en sa fiole.

Mais si ce livre est bocage, il est aussi buisson ardent. Océan ou

forêt l’amour y brûle et roule

L’amour, ce ciment des âmes

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Félicité: Étude sur la poésie de Marceline Desbordes-Valmore · 第 11 / 79 题