Heures tristes de l’âme: états intermédiaires
Où l’âme ne sait plus définir ses ennuis
Ni trier l’ancien buis fané du nouveau buis;
Heures vagues où monte un chant de lavandières,
Mais quels linges leurs mains trempent-elles dans l’eau:
Nappes d’autels, rochets des grand-messes pascales
Ou batistes de nos armoires conjugales?
Heures d’aspect confus: automne ou renouveau?
Est-il du soir ou du matin, ce crépuscule?
Il neige: mais c’est-il des fleurs ou des flocons?
Est-ce un malheur qui vient? un malheur qui recule?
Quel est le clair-obscur où nous équivoquons?
Heures où l’âme voit, à travers les persiennes,
Tandis qu’elle s’éveille en sa chambre sans bruit,
Filtrer et se couler des clartés mitoyennes;
Entre-t-on dans le jour? Entre-t-on dans la nuit?