XI

Heures tristes de l’âme: états intermédiaires

Où l’âme ne sait plus définir ses ennuis

Ni trier l’ancien buis fané du nouveau buis;

Heures vagues où monte un chant de lavandières,

Mais quels linges leurs mains trempent-elles dans l’eau:

Nappes d’autels, rochets des grand-messes pascales

Ou batistes de nos armoires conjugales?

Heures d’aspect confus: automne ou renouveau?

Est-il du soir ou du matin, ce crépuscule?

Il neige: mais c’est-il des fleurs ou des flocons?

Est-ce un malheur qui vient? un malheur qui recule?

Quel est le clair-obscur où nous équivoquons?

Heures où l’âme voit, à travers les persiennes,

Tandis qu’elle s’éveille en sa chambre sans bruit,

Filtrer et se couler des clartés mitoyennes;

Entre-t-on dans le jour? Entre-t-on dans la nuit?

Le règne du silence · 第 69 / 99 题