Chacune des jeunes filles prend le nom d'un de ces marchands qui
parcourent les rues de Paris en annonçant à haute voix leur marchandise.
Un grand nombre de ces cris est de tradition, et conserve sans doute
depuis des siècles les mêmes formules et les mêmes inflexions de voix.
Nous allons indiquer ceux que l'on entend le plus fréquemment:
_Le marchand d'habits._ Habits, habits, galons!
_La marchande de chiffons._ Chapeaux à vendre! Voilà la marchande de
chiffons!
_La marchande de plaisirs._ Voilà l'plaisir, mesdames, voilà l'plaisir!
_Le marchand de cerises._ A la douce, cerises, à la douce!
_Le marchand de groseilles._ Groseille à confire, à confire!
_Le marchand d'huîtres._ A la barque, à la barque, à la barque!
_La marchande de poissons._ Harengs qui glacent, qui glacent, limandes à
frire, à frire!
_Le marchand d'oeufs._ A la coque, tous les gros oeufs, à la coque!
_La lanterne magique._ Voilà la lanterne magique! (très-lentement et
avec accompagnement d'orgue de Barbarie)!
_La marchande de cerneaux._ Des gros cerneaux!
_Le marchand de fromages._ Bon fromage de Marolles!
_Le marchand de légumes._ Des choux, des poireaux, des carottes, des
navets, navets!
_Le marchand de jouets._ V'là les petits moulins à vent! V'là
l'amusement des p'tits enfants!
_Le marchand de coco._ A la fraîche, qui veut boire? etc.
Maintenant, pour jouer le jeu, chacune des jeunes filles ayant pris un
métier, elles se promènent lentement. La première qui commence appelle
l'une d'elles par le nom de son métier. Celle-ci, à l'instant, doit
imiter le cri qui convient à ce métier. Alors l'autre lui demande une
des choses qu'elle doit vendre. Il faut qu'elle réponde: «Je n'en ai
pas, demandez à tel autre marchand.» Celle qu'elle désigne commence à
imiter le cri du rôle qu'elle a pris. On lui fait la même question; elle
renvoie aussi à une autre, et ce jeu, qui n'a pas d'autre mérite que
l'imitation fidèle des cris bien connus, n'est pas assez compliqué pour
avoir besoin d'une plus longue explication. On donne des gages quand on
manque à l'appel de son nom, ou quand on demande à un marchand un objet
qu'il ne doit pas vendre.