[Musique:
Au-tre-fois le rat de vil-le In-vi-ta le rat des champs,
D'u-ne fa-çon fort ci-vi-le, A des re-liefs d'or-to-lans.
Sur un ta-pis de Turqui-e Le cou-vert se trou-va mis:
Je laisse à pen-ser la vi-e Que fi-rent les deux a-mis.]
Nous avons vu danser en rond par des jeunes filles la fable de la
Fontaine, «le Rat de ville et le Rat des champs.» Elles peuvent la
mettre en action selon les paroles, que nous rapportons ici, pour celles
qui ne s'en souviendraient pas.
Autrefois le rat de ville
Invita le rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'ortolans.
Sur un tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent les deux amis.
Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin:
Mais quelqu'un troubla la fête
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit;
Le rat de ville détale;
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire;
Rats en campagne aussitôt;
Et le citadin de dire:
«Achevons tout notre rôt.
«--C'est assez, dit le rustique;
Demain vous viendrez chez moi,
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de roi.
«Mais rien ne vient m'interrompre,
Je mange tout à loisir.
Adieu donc. Fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre!»
[Illustration: deco]