LA MAIN CHAUDE.

Une jeune fille désignée par le sort pose sa tête sur les genoux d'une

personne assise. Elle place sa main ouverte sur son dos, à la hauteur de

la ceinture, et chacune tour à tour lui donne un coup _léger_ avec ses

doigts. Il faut qu'elle devine qui a frappé, et c'est celle qui est

devinée qui prend la place à son tour. On ne doit ni frapper trop fort,

ni piquer la main, ni se permettre toute autre plaisanterie de mauvais

goût; là comme ailleurs les jeunes filles bien élevées se feront

toujours reconnaître. Elles éviteront aussi de crier quand elles seront

surprises: le bruit n'est pas de la gaieté. Cette recommandation que

nous venons de donner a été développée sous forme d'apologue. Nous

demandons la permission d'en citer quelques fragments, dans lesquels

notre jeu de la _main chaude_ est heureusement décrit.

[Illustration]

Des singes dans un bois jouaient à la main chaude,

Certaine guenon mauricaude

Assise gravement, tenait sur ses genoux

La tête de celui qui, courbant son échine,

Sur sa main recevait les coups.

On frappait fort, et puis devine!

Il ne devinait point; c'étaient alors des ris,

Des sauts, des gambades, des cris.

Attiré par le bruit, du fond de sa tanière,

Un jeune léopard, prince assez débonnaire,

Se présente au milieu de nos singes joyeux.

Tout tremble à son aspect, «Continuez vos jeux,

Leur dit le léopard, je n'en veux à personne;

Rassurez-vous, j'ai l'âme bonne,

Et je viens même ici comme particulier,

A vos plaisirs m'associer.

Jouons! Je suis de la partie.

--Ah! monseigneur! quelle bonté!».

. . . . . . . . . . . .

Toute la troupe joviale

Se remet à jouer; l'un d'entre eux tend la main,

Le léopard frappe, et soudain

On voit couler du sang sous sa griffe royale.

Le singe cette fois devina qui frappait.

. . . . . . . . . . . . . .

Jeux et exercices des jeunes filles · 第 18 / 208 题