XLIII

«Cependant, à Néron, qui attendait avec anxiété les messagers chargés

de lui annoncer l'exécution de la trame, on apprend qu'Agrippine,

atteinte seulement d'une légère blessure, est sauvée, mais avec assez

d'indices sinistres pour qu'elle ne pût douter de l'intention et de

l'auteur du complot.

«À cette nouvelle, anéanti par la peur, il croit déjà la voir accourir

prompte à la vengeance, soit en armant ses esclaves, soit en

enflammant l'indignation de l'armée, soit en étalant devant le sénat

et le peuple son naufrage, sa blessure, ses amis immolés. Quel refuge

lui reste-t-il contre elle dans cette extrémité, à moins que Burrhus

et Sénèque n'avisent et ne lui prêtent le concours de leur

expérience?»

Remarquez qu'à côté de tous les tyrans il y a un sophiste. Combien y

en a-t-il à côté du tyran des tyrans, la multitude! Lisez la

_terreur_: elle dure dix-neuf mois.

«Sénèque et Burrhus avaient été mandés par Néron à la première

nouvelle, instruits ou non avant, on l'ignore (quel mot sinistre!).

Les deux sophistes restèrent longtemps muets tous les deux, soit de

peur de déconseiller vainement une chose résolue, soit qu'ils fussent

convaincus que les choses en étaient descendues à cette extrémité que,

si Agrippine n'était pas prévenue dans sa vengeance, il ne restait à

Néron qu'à périr.»

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 96 / 208 题