XLIV

«Enfin Sénèque, toujours plus soudain dans ses avis, regarde Burrhus

et lui demande si l'on peut commander le meurtre aux soldats.

«Burrhus lui répond que les prétoriens sont trop attachés à toute la

famille des Césars, et surtout à la mémoire de Germanicus, pour oser

se porter à aucun attentat contre sa fille; que c'était à Anicétus

d'accomplir ce qu'il avait promis.

«Celui-ci, sans hésitation et sans délai, assume et réclame la

responsabilité du crime. À ces paroles, Néron s'écrie que de ce jour

seulement on lui donne véritablement l'empire, et qu'il doit ce

présent à un affranchi! Qu'Anicétus aille donc, qu'il se hâte, et

qu'il conduise avec lui les plus résolus à accomplir ses ordres!

«Anicétus, informé, en sortant, de l'arrivée d'Agérinus envoyé par

Agrippine au palais, conçoit à l'instant le plan d'un nouveau drame.

«Pendant qu'Agérinus s'acquitte du message dont Agrippine l'a chargé,

Anicétus fait glisser un glaive à ses pieds, puis, comme s'il l'eût

surpris sur le fait d'un assassinat, il ordonne qu'on le charge de

chaînes, afin de pouvoir répandre qu'Agrippine avait tramé le meurtre

de l'empereur, et que, de honte de voir son crime découvert, elle

s'est elle-même donné la mort.»

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 97 / 208 题