«Enfin Sénèque, toujours plus soudain dans ses avis, regarde Burrhus
et lui demande si l'on peut commander le meurtre aux soldats.
«Burrhus lui répond que les prétoriens sont trop attachés à toute la
famille des Césars, et surtout à la mémoire de Germanicus, pour oser
se porter à aucun attentat contre sa fille; que c'était à Anicétus
d'accomplir ce qu'il avait promis.
«Celui-ci, sans hésitation et sans délai, assume et réclame la
responsabilité du crime. À ces paroles, Néron s'écrie que de ce jour
seulement on lui donne véritablement l'empire, et qu'il doit ce
présent à un affranchi! Qu'Anicétus aille donc, qu'il se hâte, et
qu'il conduise avec lui les plus résolus à accomplir ses ordres!
«Anicétus, informé, en sortant, de l'arrivée d'Agérinus envoyé par
Agrippine au palais, conçoit à l'instant le plan d'un nouveau drame.
«Pendant qu'Agérinus s'acquitte du message dont Agrippine l'a chargé,
Anicétus fait glisser un glaive à ses pieds, puis, comme s'il l'eût
surpris sur le fait d'un assassinat, il ordonne qu'on le charge de
chaînes, afin de pouvoir répandre qu'Agrippine avait tramé le meurtre
de l'empereur, et que, de honte de voir son crime découvert, elle
s'est elle-même donné la mort.»