«Là, repassant dans son esprit les lettres astucieuses qui l'ont
attirée, les honneurs que lui a prodigués l'empereur, la proximité du
rivage, la submersion sans cause du navire, qui n'a été ni incliné par
aucun vent, ni jeté sur aucun écueil, mais qui s'est écroulé par le
pont comme par une machination préparée à terre; remarquant de plus le
meurtre d'Acéronia et s'apercevant de sa propre blessure, elle conclut
que le seul moyen pour elle d'échapper à l'embûche est de paraître ne
l'avoir pas soupçonnée.
«Elle envoie son affranchi Agérinus annoncer à son fils que, par la
protection des Dieux et par l'heureuse fortune de l'empereur, elle
vient d'échapper à un grave accident, et le conjurer en même temps,
malgré l'émotion que va lui causer le péril de sa mère, de vouloir
bien différer sa visite, ayant elle-même, pour le moment, besoin d'un
repos absolu. Puis, avec une sécurité affectée, elle applique un
appareil sur sa blessure et des fomentations sur son corps.
«Elle ordonne de chercher le testament d'Acéronia et de faire
l'inventaire de ses biens, cela seulement sans dissimulation.»