Il harangue avec astuce les soldats; on court aux armes, on marche
confusément vers la ville.
Une charge de cavalerie balaye le forum de la multitude, qui voulait
maintenant défendre Galba.
Le porte-drapeau de la cohorte, au milieu de laquelle marchait le
vieillard, l'abaisse devant les cavaliers d'Othon. À ce signal de la
trahison ou de la peur, la cohorte, jusque-là fidèle, fraternise avec
les séditieux.
«À côté du lac Curtius, dit Tacite, le tremblement des porteurs de
Galba le fait tomber de sa litière et rouler à terre. On assure qu'il
tendit courageusement la gorge aux meurtriers, en leur disant d'agir
et de frapper, si c'était pour l'avantage de la république.
«Peu importaient ses paroles à ses assassins.
«Le nom de celui qui le frappa n'est pas suffisamment constaté. Les
soldats féroces et cruels déchirèrent en lambeaux ses bras et ses
jambes, même après que sa tête eut été séparée du tronc.»
Pison, blessé, qui revenait du camp des prétoriens, se réfugie dans la
chambre d'un esclave fidèle; mais, bientôt découvert, il est traîné
sur le seuil et égorgé par les soldats d'Othon.
Sa tête, celle de Galba, celle de Vinius, leur lieutenant, sont
portées au bout des piques, au milieu des enseignes des légions,
auprès des aigles.