XVII

Pison accepte sans joie, mais sans faiblesse, non comme on accepte une

ambition, mais comme on accepte un devoir.

Il se rend au camp avec Galba, puis au sénat, pour se faire

reconnaître héritier de l'empire.

Les soldats, refroidis par la parcimonie de Galba, qui les traite en

citoyens, non en mercenaires, murmurent sourdement; le sénat éprouve

ou feint d'éprouver de l'enthousiasme: mais les rumeurs de la

rébellion des légions de Germanie et de la marche de Vitellius sur

l'Italie s'accroissent dans Rome. La restitution au trésor public des

sommes perçues par les favoris de Néron aigrit les esprits dans le

camp et dans la plèbe.

Un homme populaire par ses intrigues, candidat du vice, comme Pison

était candidat de l'honnêteté, Othon, sent chanceler le pouvoir entre

les légions qui s'avancent d'Allemagne, et Galba, qui dédaigne de

saisir Rome par ses corruptions. Il se fait faire une feinte violence

par une émeute de populace et de soldats qui le portent au camp, hors

des murs, en apparence malgré lui. Là, vingt-trois soldats le saluent

empereur, et vont tenter avec Othon la fidélité des légions indécises.

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 41 / 208 题