Pison accepte sans joie, mais sans faiblesse, non comme on accepte une
ambition, mais comme on accepte un devoir.
Il se rend au camp avec Galba, puis au sénat, pour se faire
reconnaître héritier de l'empire.
Les soldats, refroidis par la parcimonie de Galba, qui les traite en
citoyens, non en mercenaires, murmurent sourdement; le sénat éprouve
ou feint d'éprouver de l'enthousiasme: mais les rumeurs de la
rébellion des légions de Germanie et de la marche de Vitellius sur
l'Italie s'accroissent dans Rome. La restitution au trésor public des
sommes perçues par les favoris de Néron aigrit les esprits dans le
camp et dans la plèbe.
Un homme populaire par ses intrigues, candidat du vice, comme Pison
était candidat de l'honnêteté, Othon, sent chanceler le pouvoir entre
les légions qui s'avancent d'Allemagne, et Galba, qui dédaigne de
saisir Rome par ses corruptions. Il se fait faire une feinte violence
par une émeute de populace et de soldats qui le portent au camp, hors
des murs, en apparence malgré lui. Là, vingt-trois soldats le saluent
empereur, et vont tenter avec Othon la fidélité des légions indécises.