On se perd quand on analyse ce sublime discours d'empire dans les
profondeurs de raison, de pénétration, de prévoyance, de connaissance
du coeur humain et de l'opinion des différentes classes du peuple
qu'il révèle chez le vieux Galba.
Quel autre homme qu'un homme rompu aux affaires publiques, un témoin
des écroulements de Rome, un publiciste, un moraliste, un orateur, un
vieillard, pouvait le penser et pouvait l'écrire?
Ôtez une seule de ces conditions d'âge, d'expérience, de pratique des
comices et des cours, d'étude des lettres antiques, d'élévation
au-dessus des partialités des temps, de puissance de tout comprendre,
même la vertu, et ce discours n'existerait pas.
C'est le résumé d'une longue vie publique dans une haute intelligence
touchant aux limites de la vie, et jugeant le passé, le présent,
l'avenir, avec le calme du soir et le sublime désintéressement du
lendemain.
Mais poursuivons l'étude, et, après avoir vu le sage et le politique,
voyons le peintre.