_P. S._ La trop grande étendue que j'ai été obligé de donner à
l'Entretien précédent me force à restreindre celui-ci et à m'arrêter
là de peur de fatiguer le lecteur de métaphysique sociale. Je
reviendrai dans un an sur ces aberrations de J.-J. Rousseau,
philosophe social. Quant à sa philosophie religieuse, dont la
profession de foi du _Vicaire savoyard_ est le sublime portique, c'est
une des plus éloquentes protestations contre l'athéisme ou
l'irréligion qui ait jamais été écrite par une main d'homme. Quand
nous traiterons de la philosophie (ce que nous ferons l'année
prochaine), nous reviendrons sur ce bel exorde de religion dite
naturelle. J.-J. Rousseau s'élève, dans cette contemplation lyrique de
la Divinité et de la morale, mille fois au-dessus des philosophes
impies ou matérialistes du dix-huitième siècle. Le christianisme même
lui doit ici de la reconnaissance, car, s'il est dans quelques parties
incrédule sur la lettre de ses dogmes, il est croyant à sa sainteté.
C'est une aurore boréale de l'Évangile: il ne le voit pas, mais il le
répercute. C'est la raison évangélisée.