Quel que soit le rang que l'on occupe dans la hiérarchie sociale,
devoir de respecter dans tous ses semblables en haut l'autorité,
inégalité légale, en bas la dignité de l'âme de tous, égalité divine.
Partout la fraternité en action imposant aux forts la tutelle des
faibles, aux riches la responsabilité des pauvres par l'assistance,
obligatoire quoique volontaire, du travail et de la charité.
L'énumération de tous ces devoirs sociaux dont le _Contrat social_
selon l'esprit a fait des devoirs ne finirait pas; je m'arrête.
Je m'engagerais à parcourir ainsi avec vous, un à un, tous les
instincts en apparence les plus physiques de l'homme venant en ce
monde, et de vous amener à découvrir avec une évidence solaire, dans
chacun de ces instincts élémentaires, la source, le titre divin, la
révélation irréfutable du vrai contrat social: souveraineté divine
manifestée par la souveraineté de la nature, et imposant aux hommes de
tous les âges et de tous les pays le contrat social de la moralité et
de la vertu, la politique du devoir au lieu de la politique du droit,
le gouvernement pour l'âme au lieu du gouvernement pour les besoins,
le progrès aboutissant à l'immortalité et à Dieu par la vertu au lieu
du progrès partant de la chair et aboutissant à la chair.
Le droit de l'homme est bien plus haut placé; ce n'est pas seulement
le droit à l'égalité et à sa part de vie ici-bas, c'est le droit à la
vertu et à sa part d'immortalité dans l'immortalité de la race, qui
n'est mortelle qu'ici-bas.
Voilà le _contrat social_ du spiritualisme. Les publicistes qui
donnent des définitions orgueilleuses et abjectes du droit de l'homme,
n'ont oublié que ceux-là: le droit d'accomplir des devoirs, le droit
d'être vertueux, le droit d'être immortel.
Relevons nos fronts trop humiliés: nous valons mieux que cela.