L'ÉDITION DE 1842

Mérimée paraît avoir été fort mécontent de l'insuccès du livre; il lui a

toujours gardé rancune. Quatre ans après la publication de _la Guzla_,

il écrivit à un ami, dont nous ignorons le nom, la lettre que voici:

_Le 16 juillet 1831_.

Je voudrais bien avoir votre avis sur la proposition suivante:

Fournier m'offre 1.500 pour mon manuscrit [de _Mosaïque_?] qu'il

publierait d'abord in-12, puis trois mois après in-8° en volume

avec _la Guzla_ qui serait réimprimée _ad hoc_. Quant aux termes de

payement, nous ne nous sommes pas expliqués.

Je n'aime guère la réimpression de _la Guzla_, qui est une drogue

et une vieillerie, il serait un peu ignoble de faire de cela un

volume in-8°. Dites-moi ce qu'il faut répondre. Je serais

particulièrement charmé d'avoir 1.000 francs tout de suite,

proposition qui paraîtrait fort exorbitante à notre ami libraire.

_Quid dicis?_

Tout à vous,

Prosper MÉRIMÉE[756].

Fournier, sans doute, fut peu disposé, à ce moment-là, à risquer mille

francs pour la seconde édition d'un livre dont la première était loin

d'être épuisée. Deux ans s'écoulèrent avant que Joseph Lingay s'adressa

à F.-G. Levrault avec la lettre suivante qui démontre que les

négociations n'avaient pas encore abouti:

"La Guzla" de Prosper Mérimée · 第 100 / 231 题