Mérimée paraît avoir été fort mécontent de l'insuccès du livre; il lui a
toujours gardé rancune. Quatre ans après la publication de _la Guzla_,
il écrivit à un ami, dont nous ignorons le nom, la lettre que voici:
_Le 16 juillet 1831_.
Je voudrais bien avoir votre avis sur la proposition suivante:
Fournier m'offre 1.500 pour mon manuscrit [de _Mosaïque_?] qu'il
publierait d'abord in-12, puis trois mois après in-8° en volume
avec _la Guzla_ qui serait réimprimée _ad hoc_. Quant aux termes de
payement, nous ne nous sommes pas expliqués.
Je n'aime guère la réimpression de _la Guzla_, qui est une drogue
et une vieillerie, il serait un peu ignoble de faire de cela un
volume in-8°. Dites-moi ce qu'il faut répondre. Je serais
particulièrement charmé d'avoir 1.000 francs tout de suite,
proposition qui paraîtrait fort exorbitante à notre ami libraire.
_Quid dicis?_
Tout à vous,
Prosper MÉRIMÉE[756].
Fournier, sans doute, fut peu disposé, à ce moment-là, à risquer mille
francs pour la seconde édition d'un livre dont la première était loin
d'être épuisée. Deux ans s'écoulèrent avant que Joseph Lingay s'adressa
à F.-G. Levrault avec la lettre suivante qui démontre que les
négociations n'avaient pas encore abouti: