C'est un grand malheur d'avoir laissé ma volonté s'affaiblir, mais
je travaille de toutes mes forces à le réparer. Comme le reste, et
plus que le reste, la volonté se fortifie par l'exercice: on
n'obtient rien sur soi-même que par de pénibles et continuels
combats.
M'abstenir de ces rêveries où mon âme s'amollit et s'égare, ce m'est
un renoncement de tous les instants.
Et pourtant, je le sais, si doux qu'ils soient, les souvenirs de
l'amour ne consolent pas--pas plus que les rayons de la lune ne
réchauffent. Mais _enfin_, j'ai pris une résolution et j'y suis
fidèle.
La communion me fait du bien, m'apaise jusqu'à un certain point.
Parfois, un éclair de joie traverse mon âme, à la pensée que mon
père est au ciel, mais ce rayon de lumière s'éteint bientôt dans les
obscurités de la foi, et je retombe dans mes tristesses, tristesses
calmes, mais profondes.