Je ne devrais pas lire les _Méditations_. Cette voix molle et tendre
a trop d'écho dans mon coeur. Je m'enivre de ces dangereuses
tristesses, de ces passionnés regrets. Insensée! J'implore la paix
et je cherche le trouble. Je suis comme un blessé qui sentirait un
âpre plaisir à envenimer ses plaies, à en voir couler le sang.
Où me conduira cette douloureuse effervescence? J'essaie faiblement
de me reprendre à l'aspect charmant de la campagne, mais
«Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.»