6 septembre.

Maud est partie. Moi aussi, je pars. Je ne veux pas revoir Guisane; en

ce moment, du moins... Ce sentiment était si fort que, dès hier soir,

j’ai annoncé à maman que j’allais retrouver ma belle-mère, ainsi qu’il

était convenu. Comme je le redoutais, elle a très mal pris cette

décision au sujet de laquelle je ne l’avais pas consultée. Le départ

prochain de Bernard la rend très irritable. Et puis, pour elle, malgré

ma qualité de femme, surtout depuis que la guerre m’a ramenée sous son

toit, je suis toujours la «petite» qui a besoin d’être dirigée et doit

obéir à ce qu’elle a jugé bon. Pauvre chère maman, elle pense ainsi

faire pour le mieux, dans mon intérêt. Mais que de fois, mon Dieu, le

joug de cette affection un peu autoritaire m’a paru lourd!

D’ordinaire, grâce à mon désintéressement de la vie, je me prêtais à

tout ce qu’elle voulait de moi.

Cette fois, c’est impossible, après ce que Maud m’a dit. J’ai la terreur

de _le_ revoir. Heureusement, il a écrit à Bernard qu’il prolongeait un

peu son séjour à Morgat. Quand il reviendra, je serai partie.

Ah! je voudrais être déjà dans la maison de Max, près de sa mère, pour

me bien sentir toute à lui, autant que jadis...

Le Feu sous la Cendre · 第 48 / 59 题