Nous avons eu un hiver, puis un printemps si agités que, un peu
fatiguée, sans doute, je suis devenue ridiculement nerveuse. Très vite,
comme Max me le reproche avec une drôlerie gamine, à la moindre
contrariété, je me montre _crin_. Ses flirts m’exaspèrent au lieu que
j’en rie, comme d’ordinaire. Je m’irrite de ne pouvoir me délivrer des
thés, parties, soirées... Je suis lancinée par une soif grandissante
d’isolement avec Max et mon poussin.
J’ai essayé de taire ces fâcheuses dispositions. Mais, sans doute, je
m’y suis mal prise; car, Max, stylé par mère, m’a envoyée chez notre
médecin; lequel, malgré mes protestations, a jugé bon de m’ordonner une
cure de repos à Fontainebleau. Je me suis révoltée. Max, sous
l’influence de mère, a insisté, mis en branle son autorité conjugale. Et
bref, vaincue,--sans regret vrai, même avec une sensation de
délivrance...--je suis partie passer cette première semaine de mai à
Fontainebleau, sous l’aile de mes parents, et avec mon petit, fou de
joie de ce voyage.
Max, lui, n’est pas venu; ses fonctions chez son agent de change le
retenant à Paris. Et, séparée de lui, je suis un corps sans âme, dans ce
milieu étranger.