4 mai.

Nous avons eu un hiver, puis un printemps si agités que, un peu

fatiguée, sans doute, je suis devenue ridiculement nerveuse. Très vite,

comme Max me le reproche avec une drôlerie gamine, à la moindre

contrariété, je me montre _crin_. Ses flirts m’exaspèrent au lieu que

j’en rie, comme d’ordinaire. Je m’irrite de ne pouvoir me délivrer des

thés, parties, soirées... Je suis lancinée par une soif grandissante

d’isolement avec Max et mon poussin.

J’ai essayé de taire ces fâcheuses dispositions. Mais, sans doute, je

m’y suis mal prise; car, Max, stylé par mère, m’a envoyée chez notre

médecin; lequel, malgré mes protestations, a jugé bon de m’ordonner une

cure de repos à Fontainebleau. Je me suis révoltée. Max, sous

l’influence de mère, a insisté, mis en branle son autorité conjugale. Et

bref, vaincue,--sans regret vrai, même avec une sensation de

délivrance...--je suis partie passer cette première semaine de mai à

Fontainebleau, sous l’aile de mes parents, et avec mon petit, fou de

joie de ce voyage.

Max, lui, n’est pas venu; ses fonctions chez son agent de change le

retenant à Paris. Et, séparée de lui, je suis un corps sans âme, dans ce

milieu étranger.

Le Feu sous la Cendre · 第 10 / 59 题