Le service des postes, en Suisse, soit en régie ou à forfait, est pour
le compte de chaque canton et sous la dénomination générale d’office des
Postes, ou sous celle de régie et de direction, selon les localités. Les
cantons qui n’exploitent pas leurs services, et cela arrive quelquefois,
en confient l’administration aux cantons voisins. Les voitures employées
au transport des dépêches servent également aux voyageurs et aux
marchandises. Le service ne s’en fait pas moins avec une grande
régularité, et ne laisse rien à désirer sous le rapport de la sûreté. Le
prix des postes françaises est maintenu jusqu’à Gênes, et sur divers
autres points.
La manière dont la duchesse de Némours voyageait chaque fois qu’elle
partait de Paris pour se rendre en Suisse, dans sa principauté de
Neuchatel, a eu, sans doute, beaucoup d’approbateurs, sans trouver un
grand nombre d’imitateurs, par les frais que ce moyen entraînait. Elle
se faisait porter en chaise par des porteurs qui, au nombre de quarante,
la suivaient en chariots, et se relayaient alternativement. Avec cette
précaution, elle faisait tous les jours douze à quinze lieues, sans
fatigue, et plus agréablement que dans la voiture la plus douce et la
plus commode. Cet usage, si répandu dans l’Inde, où l’on établit les
hommes par relais, comme nous le pratiquons pour les chevaux, ne
pourrait être aisément introduit en Europe, tant à cause de nos mœurs
que des moyens de transports actuels, si économiques et si rapides. Les
signaux par les feux se sont toujours conservés en Suisse. Il est peu de
contrées plus propres à ce genre de correspondance.
L’affranchissement est forcé pour cet état.