Les postes sont régies en Sardaigne, en Savoie et en Piémont, à peu près
comme en France, avec laquelle ces états correspondent trois fois par
semaine. Le service a lieu par entreprise, et le systême décimal y a été
adopté pour la comptabilité. C’est par la Savoie[188] que parviennent
presque toutes les dépêches de l’Italie, destinées pour la France.
[188] Le roi de Sardaigne comptait, en 1789, en Piémont, 30 grandes
routes.
Autrefois on courait la cambiatura en Piémont, mais cette coutume est
abolie, et le prix de la poste est fixé ainsi qu’il suit: une voiture à
quatre roues, attelée de trois chevaux, paie six livres; lorsqu’il y a
quatre chevaux, huit livres; deux chevaux de voiture, paient 4 livres
10, et le prix pour un cheval de selle est de deux livres.
Turin n’a pas de fiacres, mais des voitures de louage dans lesquelles
même on voyage. Les conducteurs s’appellent voiturins ou veturini. La
carretino est une espèce de voiture à une seule place, ou plutôt un
fauteuil: elle est attelée d’un seul cheval. Sa forme est celle d’un
vase, dont le pied tient à un essieu de bois. Il est rare qu’on puisse
courir la poste partout ce pays: on se sert quelquefois d’une voiture à
deux roues, bien légère. Il faut dans ce cas, consulter les maîtres de
Poste. Avant la route du mont Cenis, les voitures étaient démontées et
transportées à dos de mulets, et les voyageurs étaient portés dans des
chaises ou ramassés en traîneaux. Aujourd’hui on trouve, au pied du
mont, un grand nombre de petites voitures, dans lesquelles on fait ce
trajet, sans les inconvéniens d’autrefois.
Pour correspondre avec la Sardaigne, on emploie des goëlettes armées.
C’est une précaution très-sage pour résister aux attaques des pirates.
Il serait à désirer qu’une semblable mesure fût adoptée par toutes les
nations, dont le transport des dépêches a lieu par mer, et surtout par
la Méditerranée.
L’affranchissement pour ces pays est libre.