Les postes des états de Sa Sainteté sont régies par un
directeur-général, et le transport des lettres se fait à cheval et en
voiture[186]. On a introduit depuis peu de tems de nouvelles
améliorations dans ce service, surtout dans la forme des voitures, qui
ont été construites en Allemagne, avec un soin tout particulier.
[186] Le tarif des postes italiennes pour le port des lettres est de 7
gram. 1/2 en 7 gram. 1/2. Où il n’y pas de bureau de poste on en
trouve un d’estafette.
Mais les voituriers sont généralement préférés dans toute l’Italie,
malgré les établissemens de messageries dont les Français avaient donné
l’exemple pendant leur domination, et ceux de malles qui contenaient
deux places, une pour le courrier et l’autre pour un voyageur.
Rome, comme quelques autres capitales de l’Europe, n’a pas de fiacres;
ils sont remplacés par les carrosses de remise. Mais un usage, commun à
toutes les principales villes de l’Italie, c’est de payer la poste de
sortie, qui est considérée comme poste et demie.
Le nombre des voyageurs qui parcourent l’Europe, contribue partout aux
changemens heureux introduits, soit dans la forme des voitures, soit
dans l’accélération de leur marche, soit enfin dans tout ce qui se
rapporte à la facilité et à la commodité des moyens de transport. Parmi
les travaux importans que Sa Sainteté fait exécuter en ce moment, pour y
parvenir, on remarque la route de Rome à Naples par Valmontone, Formone,
Ceprano et Capone. Cette route est de 25 milles plus courte que celle de
Poste, qui traverse les marais Pontins.
A Gênes, en Toscane et dans les états de l’Eglise, le prix pour deux
chevaux de chaise de poste est de neuf livres de Gênes, et pour un
cheval en courrier de trois livres.
Les postillons sont généralement très-alertes en Italie; leur service se
rapproche beaucoup de celui des guides français et anglais.
L’affranchissement est libre pour cette partie de l’Italie.
Tout le pays dépendant de l’empire autrichien est soumis au mode de
régie de l’Allemagne. Le service pour le transport des lettres a lieu
comme en France, par des courriers en voiture ou à cheval. Les voitures
dont on se sert, ressemblent à celles d’Allemagne; elles n’ont que deux
roues et se nomment _sedia_.
Il y a deux manières de courir la poste en Italie, l’une est la poste
ordinaire, plus coûteuse dans le Milanais, les états de Venise, le
Piémont, la Lombardie, que dans la Toscane et l’Etat pontifical;
l’autre, la cambiatura[187], plus économique, mais moins expéditive,
parce qu’on ne peut voyager que pendant le jour, et qu’il est défendu de
faire galoper les chevaux. On n’éprouvait jamais de grandes difficultés
de la part des maîtres de poste, lorsqu’on voulait prendre cette voie.
[187] Cambiatura, voiture à deux personnes et à prix fixe.
Dans les états de Venise, si l’on courait la cambiatura, on ne payait
que cinq livres et demie par cheval d’attelage ou de selle. Dans le
Milanais, deux chevaux de chaise payaient un demi-sequin par poste, et
un cheval en courrier quatre livres.
On compte, à Venise, 9000 gondoles en activité: elles ont ordinairement
25 pieds de long sur 4 de large, et sont toutes peintes et garnies de
drap de même couleur; celles des personnes riches, se distinguent par
une plus grande dimension et des ornemens plus recherchés; mais, toutes
se ressemblent par la forme de leur couverture, qui est une espèce de
toit.
L’Italie offre en général plus d’agrément et de facilité pour voyager
que l’Allemagne. Les routes sont excellentes, mais les postillons
importuns.
L’affranchissement est forcé pour le pays Lombard-Venitien.