_Ma tante Giron_, par René Bazin. 1 vol. in-12, 3 fr. 50
(Calmann-Lévy).--Rien n'est charmant comme ces délicatesses de coeur qui
prennent un jeune homme bien né, lorsqu'épris d'une jeune fille, il
n'ose plus demander sa main parce qu'elle vient de faire un riche
héritage et qu'il craint d'être soupçonné de quelque sentiment
intéressé. Cela se voit-il dans la nature? Nous ne le mettons pas en
doute. Cela se voit, dans tous les cas, dans le joli roman de M. Bazin.
Nous sommes alors, il est vrai, bien loin de M. Zola, bien loin de
l'argent et de ses brutales convoitises. Mais, vrai ou non, nous avouons
préférer ce monde idéal, avec ses sentiments d'une douceur particulière
qu'on emporte toujours d'une heure passée avec lui. Mais que fait dans
ceci ma tante Giron? Eh bien, c'est elle qui fait la morale au trop
délicat amoureux, qui le ramène à des sentiments plus terre à terre, qui
lui fait accepter l'héritière en lui prouvant que, puisqu'il l'aimait
avant l'héritage, il n'y a pas de mal, et que puisqu'elle l'aime, il ne
peut décemment pas la rendre malheureuse en l'abandonnant. Tout ira donc
pour le mieux et tout le monde sera content.