Le 7 octobre 1689.
......Il faut vous répondre, Monsieur, sur ce que vous me demandez
touchant Saint-Cyr. Il n'y a pas toujours des places vacantes, mais on
écrit dans un registre celles qui ont des places retenues. Il faut faire
preuve de quatre degrés de noblesse par pièces originales par-devant M.
d'Hozier, fils du grand généalogiste, préposé pour cela; mais il faut
auparavant avoir parlé à Mme de Maintenon, qui seule conduit toute cette
maison. Il faut que la petite fille ait sept ans passés; on n'en reçoit
point au-delà de douze. On désire qu'elles soient saines et qu'elles ne
soient pas difformes. Mais j'ai à vous dire qu'on n'en mariera plus comme
on a fait. Elles y seront jusqu'à vingt ans. Quand il vaque des places de
religieuses dans les abbayes royales où le Roi a droit d'en nommer une,
s'il y a des demoiselles que Dieu appelle à la religion, on en choisit
une et on l'envoye à cette abbaye-là. Voilà, Monsieur, ce que je vous en
puis dire. Si les filles ne font pas bien leur devoir, on les rend aux
parents, et il en est sorti deux il y a trois jours. J'ajoute après cela
que, quoique j'aie refusé à une personne de me mêler de mettre des filles
dans ce lieu-là, si vous voulez dresser un mémoire bien circonstancié de
la condition de la demoiselle, de la vertu de la mère, du père, du bien
de cette famille, de l'âge de la fille et peindre même la petite
personne, je ferai voir le mémoire à Mme de Maintenon. Mais comme la Cour
partit hier pour Fontainebleau, d'où elle ne reviendra à Versailles que
le 23 de ce mois, il faudra attendre ce retour-là....
Votre très-humble et très-obéissante servante.