A M. BOISOT, ABBÉ DE SAINT-VINCENT, A BESANÇON[405].

[405] La notice détaillée que le savant Weiss a consacrée à ce

personnage dans la _Biographie universelle_, nous dispense d'en

parler ici longuement. Contentons-nous de dire que l'abbé Boisot

(Jean-Baptiste) naquit à Besançon, au mois de juillet 1638 et

mourut le 4 décembre 1694. Il est connu par divers travaux

d'érudition et par la part qu'il prit à la conservation et au

classement des papiers du cardinal de Granvelle.

Ami de Pellisson et de Mlle de Scudéry, il entretint avec celle-ci

une correspondance qui s'étendit depuis la fin de l'année 1686

jusqu'en 1694, époque de la mort de l'abbé. Conservée à la

bibliothèque de Besançon, elle a été communiquée par le savant M.

Weiss aux éditeurs des _Historiettes de Tallemant des Réaux_,

1860. Nous en reproduisons ici un certain nombre, avec les

éclaircissements qu'y avait joints M. Weiss, nous réservant

d'élaguer, dans le texte et dans les notes, les répétitions et les

longueurs.

Le 2 novembre 1686.

Votre lettre, Monsieur, m'a surprise fort agréablement, car je n'avois

nul lieu de l'attendre aussi flatteuse qu'elle est, et je vois bien que

je dois la bonne opinion que vous avez de moi à mes amis; mais, au hasard

de vous en désabuser, je voudrois bien que vous eussiez quelque affaire

agréable en ce pays-ci, qui me donnât lieu de connoître par moi-même un

aussi honnête homme que vous; car je ne vous connois pas seulement,

Monsieur, par les belles lettres que j'ai reçues de vous, je vous connois

encore par M. de Pellisson, qui ne loue jamais sans sujet. De sorte,

Monsieur, que si mon estime peut contribuer à votre satisfaction, vous

pouvez en être assuré et qu'il ne tiendra qu'à vous que je ne sois toute

ma vie,

Votre très-humble et très-obéissante servante.

A M. l'ÉVÊQUE DE POITIERS[406].

[406] Cabinet de M. Toussaint, avocat au Havre.

L'évêque de Poitiers était François-Ignace de Baglion de Saillant.

[Février 1687.]

Si je n'étois pas un peu malade et fort affligée de la mort de M. le

maréchal de Créqui[407], j'accepterois avec joie l'honneur que vous me

voulez faire, Monseigneur; mais je n'ai pu encore aller voir mes amies

affligées et il n'y auroit nulle raison d'aller me réjouir dans ce temps

où je dois pleurer avec elles. Gardez-moi votre bonne volonté pour une

autre fois et je serai ravie de ne vous refuser pas, car je suis

véritablement votre très-humble servante et très-obéissante malade.

[407] François de Bonne, maréchal de Créqui, mort le 4 février

1687.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 79 / 411 题