[358] Les trois lettres suivantes sont tirées de la collection
Baluze, armoire V, paquet IV, n. 3. L. I, 2 vol. in-fo. Altérée
par la vive émotion que lui causait l'arrestation de Fouquet et
de Pellisson, l'écriture de Mlle de Scudéry y est encore plus
difficile à déchiffrer qu'à l'ordinaire. Elles ont été publiées
d'abord par M. Marcou, puis plus correctement par M. Chéruel,
dans ses _Mémoires sur Fouquet_. Nous les avons collationnées de
nouveau sur les originaux, et nous ne sommes pas parvenus à en
rétablir complétement les lacunes et les ratures.
Aux Pressoirs[359], vendredi six heures du matin.
Septembre 1661.
[359] Voir la _Notice_, p. 71 et suiv.
Je pars dans un quart d'heure pour Paris. Je ne pus m'embarquer hier
parce qu'il fit un temps effroyable, de sorte que je prends le carrosse
de M. de Miremont; il me le donne de fort bonne grâce. Je laisse la
petite Marianne et M. Pineau avec la sienne (_sic_), et je suis si mal de
ma tête que j'en perds patience. Peut-être que quelques remèdes me
soulageront. Je vous en écrirai demain plus au long, et je ne vous écris
aujourd'hui que pour vous demander de vos nouvelles et pour vous prier de
m'envoyer un billet pour M. Congnet, qui lui témoigne que vous
affectionnez l'affaire de M. Pineau; car, comme vous ne lui écrivîtes
pas en lui envoyant les lettres dont il s'agit, il ne s'est pas pressé
de le faire. Je vous demande pardon, mais je ne puis refuser cela à ceux
qui m'en prient.
Adieu, jusqu'à demain. Souvenez-vous de moi, plaignez-moi et m'aimez
toujours. Je ne puis vous dire que cela aujourd'hui, mais j'en pense bien
davantage.