[233] Cette lettre, évidemment relative à la controverse sur les
_Suppositi_ de l'Arioste, trouve sa place naturelle à la suite
des deux précédentes. Nous l'empruntons à l'_Isographie_, avec
une lacune que nous n'avons pu remplir.
[Mars ou avril 1639.]
Mademoiselle,
Je n'étois pas bien de mon parti, même devant que d'avoir reconnu que
vous le teniez, et le respect que je dois à la Princesse[234] que j'ai
pour adversaire m'ôtoit la hardiesse de condamner des sentimens dont les
contraires jusqu'ici m'avoient semblé les seuls équitables. Mais à
présent que je vois les miens appuyés de votre autorité et protégés par
la valeur du généreux Astolfe[235] qui a daigné descendre du ciel pour
servir de champion à ma justice, je me détermine et veux bien désormais
être du nombre de mes partisans, pour soutenir ma propre cause, à
laquelle je me suis affectionné depuis seulement qu'elle est devenue la
vôtre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
[234] Mlle de Rambouillet, qu'on appelait souvent la _Princesse
Julie_ dans sa société.
[235] Georges de Scudéry. Voyez la lettre déjà citée de Balzac,
du 15 avril 1639. «C'est un dangereux homme que cet Astolphe,...
et j'aimerois mieux me réconcilier avec l'Arioste que de me
battre contre son chevalier. Pour moi, je mets son amitié au
nombre de mes meilleures fortunes, et suis tout glorieux du
nouveau témoignage qu'il m'en a rendu. Mais que cette sœur,
etc.» Suit le passage cité p. 144, note 229.
Ce seroit ici le lieu de vous rendre très-humbles grâces de la part que
vous avez voulu prendre en mes intérêts, si tous les devoirs et toutes
les reconnoissances n'étoient pas comprises dans la qualité véritable que
je prends,
Mademoiselle, de
Votre très humble et très obéissant serviteur,
CHAPELAIN.