_Le curé d'Anchelles_, par Georges de Peyrebrune. 1 vol. in-18, 3 fr. 50.
(Dentu, édit.).--Qui dira ce que peut contenir d'humain l'amour mystique
d'un prêtre pour sa pénitente? Il est pourtant absolument pur et chaste
celui du jeune curé d'Anchelles pour la belle Jane Degmont. Ce qu'il a
voulu, c'est la ramener dans les voies de Dieu, elle qui se tenait
droite et inflexible sous la main bénissante du prêtre. Et il y est
parvenu. Pour combien sa jeunesse et sa beauté sont-elles entrées dans
cette conversion? c'est ce que la fière convertie ne sait pas elle-même,
ne s'avouera jamais. L'amour est aussi chaste chez elle que chez lui.
Mais, comme les mauvaises langues ont parlé, l'évêque envoie le jeune
prêtre en mission, et la jeune fille accepte la main du capitaine de
Noves. Les années s'écoulent. Un enfant est né du mariage de Jane. Il a
vingt ans quand la guerre éclate et il part. Le curé d'Anchelles,
presque un vieillard maintenant, prend la place de l'aumônier du
régiment de Pierre de Noves et se fait tuer, à Coulmiers, en couvrant de
son corps le fils de sa sainte amie. On ne lira pas ce livre de passion
intense sans une émotion intense aussi. L'âme et le coeur y sont pris,
mais non les sens, l'auteur a su rester chaste tout en étant très
passionné. Psyché triomphe de l'Amour.