_Violette_, misère et splendeur d'une comédienne, par Charles Joliet. 1
vol. in-12. 3 fr. 50 (Calmann Lévy).--Ce n'est pas à proprement parler
un roman, c'est une histoire, le récit d'une vie, mais cette vie est
bien la plus romanesque que l'on puisse imaginer. De plus, cette
histoire est vraie, c'est celle d'une comédienne qui eut son heure de
grande célébrité, à l'époque où tout Paris courut au Gymnase applaudir
Froufrou. C'est, pourquoi ne pas le dire? _Froufrou_ elle-même,
autrement dit Aimée Desclée. Ceux qui l'ont vue alors en ont gardé le
souvenir comme d'une grande artiste qui ne fit que traverser la scène,
comme d'une étoile admirable qui incendia un moment l'horizon, puis
soudain s'éteignit. Mais, avant d'être Froufrou, Violette avait passé
par de dures épreuves, elle avait subi bien des misères, disons tout:
elle s'était brûlée à bien des flammes. Son biographe, ou son romancier,
nous initie à toutes ces douleurs qui nous révèlent une sorte de dona
Juana dont le coeur est tout amour, mais ne rencontre celui quelle doit
aimer que pour mourir de son abandon. C'était un tempérament d'artiste,
une vive intelligence que le coeur dominait au point que, lui frappé,
l'artiste n'avait plus qu'à mourir. Mais c'est aller un peu loin que de
l'exalter comme une sainte. Une grande artiste, cela suffit. Aux anciens
admirateurs de Desclée, nous recommandons _Violette_, elle leur rendra
le parfum de leurs souvenirs. Aux autres, elle fera connaître un type de
comédienne qui s'est incarnée, chose rare, dans une de ses créations.