De 1826 à 1900, le nombre des suicides s'est régulièrement accru en
France, atteignant le nombre de 9.186 pour la période 1896-1900, soit
une proportion de 23 sur 100.000 habitants.
Depuis 1900, le mouvement ascendant semble enrayé et, en 1902, la
proportion était tombée à 22 pour 100.000 habitants.
Mais le nombre absolu des suicides n'est pas seul à considérer, et leur
cause est surtout intéressante.
Autrefois, la folie tenait une grande place parmi les causes des
suicides et, il y a vingt ans seulement, elle figurait pour environ un
tiers de ces causes. Or, actuellement, c'est à peine si les statistiques
la notent 15 fois sur 100. Le suicide des fous aurait donc diminué de
moitié; par suite, le suicide serait aujourd'hui, plus souvent
qu'autrefois, un acte raisonné et volontaire.
La misère et les revers de fortune sont invoqués dans la proportion de
16% et les souffrances physiques dans celle de 25%; les chagrins de
famille donnent la proportion de 12% et l'amour contrarié celle de 7%.
Enfin l'accès d'ivresse est noté 15 fois sur 100.
Le suicide est surtout fréquent de cinquante à cinquante-neuf ans, à cet
âge où l'activité de l'individu devient souvent insuffisante et où les
situations, déjà difficiles, se compliquent si fréquemment de la maladie
et de l'infirmité.
Le procédé de suicide le plus souvent employé est la pendaison (40%);
puis la submersion (27%) et l'arme à feu (12%). Le poison n'est noté que
2 fois sur 100, ce qui permet de croire que les statistiques sont très
imparfaites et que nombre de suicides par poison sont considérés comme
morts naturelles.
Enfin, près du quart des suicidés appartiennent au sexe féminin.