IV.

«Il dit encore,» continue saint Bernard[322], «que le Saint-Esprit

procède du Père et du Fils, mais qu'il n'est nullement de la substance

du Père ou du Fils. D'où vient-il donc? De rien peut-être, comme toutes

les choses qui ont été faites?» Si le Saint-Esprit ne procède point

par essence (_essentialiter_), il faut qu'il procède par création

(_creabiliter_); ou bien nous trouvera-t-il une troisième manière, cet

homme toujours en quête de nouveautés, et qui en invente quand il n'en

trouve pas, affirmant les choses qui ne sont pas comme si elles étaient?

«Mais, dit-il, si le Saint-Esprit était engendré de la substance du

Père, le Père aurait deux fils.»

[Note 322: _Ab. Op_., p. 218.]

Comme si ce qui est d'une substance l'avait conséquemment pour père!

Est-ce que les poux, les lentes et les phlegmes (_phlegmata_?) sont les

fils de la chair ou ne sont pas de la substance de la chair? Et les vers

qui sortent du bois pourri sont-ils d'une autre substance que celle du

bois, pour ne pas être les fils du bois? Mais les teignes aussi tirent

leur substance de la substance des étoffes, et n'en tirent pas leur

génération; et beaucoup de choses sont dans le même cas. Je m'étonne

qu'un homme subtil et quelque peu savant, à ce qu'il croit, ayant

confessé que le Saint-Esprit est consubstantiel au Père et au Fils, nie

cependant qu'il sorte de la substance du Père et du Fils, à moins de

vouloir que ce soit eux qui sortent de la sienne, ce qui serait, il est

vrai, inouï et ineffable. Mais si le Saint-Esprit n'est pas de

leur substance ni eux de la sienne, que devient, je vous prie,

la consubstantialité?» Autant vaut la nier avec Arius et prêcher

ouvertement la création. Toutes ces différences nouvelles, introduites

entre le Fils et le Saint-Esprit, détruisent l'unité. Le Saint-Esprit se

retirant de la substance du Père et du Fils, ce n'est pas une trinité

qui demeure, mais une dualité; car une personne qui n'aurait en

substance rien de commun avec les autres, ne serait plus digne défigurer

dans là Trinité. Ainsi tout à la fois la Trinité est mutilée et l'unité

divisée.

Or, voici ce que dit Abélard: Le Fils est engendré du Père et seul

engendré (_unigenitus_), le Saint-Esprit n'est donc pas engendré, il

procède, et l'Église enseigne qu'il procède du Père et du Fils; ainsi il

y a une différence entre la génération et la procession. «La différence,

c'est que celui qui est engendré est de la substance du Père, la sagesse

étant une certaine puissance, tandis que l'affection de la charité

appartient plus à la bonté de l'âme qu'à sa puissance... Je n'ignore pas

que beaucoup de docteurs ecclésiastiques veulent que le Saint-Esprit

soit aussi de la substance du Père, c'est-à-dire qu'il soit par lui,

étant d'une seule substance avec luit. Cependant nous ne disons pas

proprement qu'il soit de la substance du Père (_eco substantix patris_),

le Fils seul doit être dit tel; mais l'Esprit, quoique de même substance

(_ejusdem substantix_) avec le Père et le Fils, d'où la Trinité est dite

_homousios_, c'est-à-dire d'une seule substance, ne doit nullement être

dit de la substance du Père ou du Fils à proprement parler, car pour

cela il faut être engendré[323].»

[Note 323: _Introd_., p. 1086.]

Voila l'expression et le délit d'Abélard. Tout se réduit a cette

distinction fugitive: le Fils est de la substance du Père et le

Saint-Esprit a la même substance que le Père, une seule et même

substance étant commune à toutes les personnes de la Trinité. Voici

comment s'en explique la _Théologie chrétienne_: «Quand on dit que

le Fils est de la substance du Père, _être de la substance du Père_

signifie seulement dans cet endroit _être engendré du Père_, par une

translation de ce qui se passe dans la génération humaine... où quelque

chose de la substance du corps du père est transporté et converti dans

le corps du fils.» Seulement, de peur d'équivoque, on rappelle plus loin

ces mots de saint Jean: «Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui

est né de l'esprit est esprit[324].»

[Note 324: _Theol. Chr._, I. IV, p. 1327.--Jean, III, 6.]

Quant au Saint-Esprit lui-même, _spiritus_ vient de _spirare_, esprit

a le même radical que _spiration_; c'est pour cela qu'on dit qu'il

procède, non qu'il est engendré. «La bonté que le nom de Saint-Esprit

désigne n'est pas une puissance ou une sagesse, car être bon ce n'est

pas être puissant ou sage.... Ainsi, quoique le Fils, soit du Père

autant que le Saint-Esprit... la génération diffère de la procession en

ce que celui qui est engendré est de la substance même du Père, puisque

la sagesse a cela de particulier d'être une certaine puissance, et que

l'affection de la charité appartient plus à la bonté qu'à la puissance

de l'âme. D'où l'on dit très-bien que le Fils est engendré du

Père, c'est-à-dire est de la substance même du Père, tandis que le

Saint-Esprit n'est nullement engendré, mais plutôt procède, c'est-à-dire

que par la charité il s'étend vers autrui; car par l'amour on _précède_

en quelque sorte, on avance de soi vers un autre[325].»

[Note 325: _Theol. Chr._, I. IV, p. 1329.]

Évidemment Abélard évite de répéter que le Saint-Esprit ne soit pas de

la substance du Père (_eco substantia_), mais il l'insinue, et c'est

créer une difficulté nouvelle dans la Trinité que d'y insérer une

distinction et une contradiction de plus. Cette subtilité était

gratuite, et elle a été rejetée avec juste raison; il fallait se borner

à dire: les trois personnes sont consubstantielles, cependant il ne

paraît pas que la troisième le soit de la même manière que la seconde,

puisque l'une est consubstantielle par génération et l'autre par

procession. On pouvait ajouter: la communauté de substance doit se

réaliser d'une manière différente pour chacune des trois personnes.

Quand même on écarterait les mots de _génération_ et de _procession_,

celui de qui est le Fils ne peut, quant au mode, être identiquement

consubstantiel à celui qui est de lui, comme celui qui est du premier

est consubstantiel à celui de qui il est; et ainsi de chaque personne

comparée aux deux autres. Je répète que je parle du mode; la

consubstantialité subsiste, les trois personnes ont une seule et même

substance, mais elles ne l'ont pas absolument de même. Quelle est donc

la différence? Elle est impénétrable; elle existe pourtant, la théologie

le veut, puisqu'elle distingue la génération et la procession; mais

cette différence qu'elle affirme, elle ne l'explique pas. Le tort

d'Abélard est d'avoir voulu l'expliquer, et le péril est venu de

la séduction qu'exerçaient sur son esprit la distinction des trois

attributs, puissance, sagesse, bonté, et la pensée d'identifier cette

distinction avec les deux autres, celle de Père, Fils, Esprit, et celle

d'inengendré, engendré, procédant, au point que ces trois _triplicites_

ne fussent plus que des expressions différentes, substituables les unes

aux autres, comme des notations diverses de mêmes quantités algébriques.

Or, il est très-permis de dira en général que la sagesse est puissance

et que la bonté n'est pas puissance[326]; mais cette abstraction prise

à la lettre mènerait logiquement à penser que le Fils est substance

du Père et que le Saint-Esprit n'est pas substance du Père. La foi

d'Abélard l'a défendu de cette proposition profondément hérétique, elle

ne l'a pas préservé du péril d'en approcher, et il ne s'est sauvé que

par des inconséquences peut-être inévitables, quand on traite d'un dogme

que la métaphysique de l'Église s'est plu à rendre contradictoire dans

les termes.

[Note 326: Encore Richard de Saint-Victor a-t-il objecté que ta bonté

n'est qu'une bonne volonté, et que la volonté bonne est une puissance,

«posse bene velle est aliquid posse.» (_De trin_., I. V, c. xv.)]

Mais ni la prudence ni la raison ne permettent, parce qu'un dogme est

obscur et incompréhensible, d'y ajouter de nouvelles difficultés, ou

même, par des nouveautés d'expression, de diversifier la forme de ses

difficultés nécessaires. C'est la faute où Abélard est tombé. Trop

prévenu en faveur de cette distinction de la puissance, de la sagesse et

de la charité, au lieu de ne lui attribuer qu'une vérité approximative,

il en a fait l'expression exacte de la distinction des personnes. Il n'a

plus dit: «De même que le Fils est engendré du Père, la sagesse est

de la puissance;» il n'a plus dit: «Comme le Saint-Esprit n'est pas

engendré du Père, on peut remarquer que la bonté n'est pas de la

puissance, quoiqu'elle la suppose et en procède, ainsi qu'on le dit

du Saint-Esprit.» Ces analogies, ces rapprochements, encore qu'un peu

métaphoriques, pouvaient passer. Mais il a renversé l'ordre de la

comparaison, et il a dit: «Le Fils est engendré, _parce que la sagesse

est de la puissance; le Saint-Esprit n'est pas engendré, parce que

la bonté n'est pas de la puissance._ D'une similitude il a fait un

principe, lui qui s'élève ailleurs contre toute similitude quelle

qu'elle soit.»

Mais est-elle moins attaquable et plus digne, la similitude que préfère

saint Bernard, quand il dit que le Saint-Esprit peut bien être de la

substance du Père, sans être le fils du Père, comme le ver est de la

substance du bois? Est-ce là une notion vraie et chrétienne de la

procession du Saint-Esprit? La consubstantialité, sans parler de la

convenance, n'est-elle pas aussi profondément attaquée par cette

comparaison que par aucune de celles d'Abélard? Et si l'on tournait

contre le juge son argumentation contre l'accusé, si l'on prenait ses

comparaisons pour des définitions, ne montrerait-on pas à saint Bernard

que son raisonnement conserve bien dans les termes la consubstantialité,

mais ne tient aucun compte de la différence de l'engendré à

l'inengendré, de la génération à la procession, et atténue, s'il

ne l'efface, au profit de l'unité de substance, la distinction des

personnes? De cette dernière, le saint en veut _sobrement_; c'est son

expression.

Sûrement il faut l'excuser par l'impuissance du langage humain à rendre

ce qui excède la raison humaine; mais cette excuse, Abélard l'a souvent

invoquée; qu'elle lui profite également. On ne peut condamner comme une

hérésie ce qu'on doit relever comme une expression fautive. L'autorité

ne peut régler ses droits sur ceux de la critique.

Il doit être permis d'observer que, pour avoir voulu déterminer

scientifiquement les éléments du dogme de la Trinité, l'Église l'a

compliqué, et que les expressions qu'elle a introduites ou consacrées,

sont devenues une source de difficultés, d'erreurs et d'hérésies. A lire

sans prévention les Écritures, rien ne paraît moins indispensable

que d'attacher un sens sacramentel aux mots de _génération_ et de

_procession_. Le premier, si nous ne nous trompons, se rencontre trois

fois dans le Nouveau-Testament avec application au Sauveur. Dans les

Actes, Philippe trouve l'eunuque du roi Candace lisant un passage

d'Isaïe, que les interprètes et Philippe lui-même appliquent au Messie,

et dans lequel sont ces mots: _Qui pourra raconter son origine_[327]?

C'est le mot _origine_ qu'emploie Sacy, et le latin porte: _Generationem

ejus quis enarrabit_? Le grec emploie le mot [Grec: _genean_], qui a le

même radical que celui de génération; et c'est un des textes dont

on s'appuie pour consacrer ce dernier terme. Or, il est évident

que l'expression est ici générale, et que tous les mots _origine,

génération, extraction, naissance_, auraient pu être indifféremment

employés dans ce passage. Jésus-Christ, dans deux autres, est nommé

_Filius unigenitus_ ([Grec: _monogenês uios_])[328]. Sacy traduit

tout simplement _le Fils unique_, et assurément ce mot n'ajoute rien

d'important ni de spécial à l'idée que nous pouvait déjà donner de

l'origine du Sauveur ce simple mot si expressif, _le Fils_. Témoin le

verset du psaume, souvent cité par les apôtres: «Tu es mon fils, je

t'ai engendré aujourd'hui (Ps. II, 7); [Grec: gegennêka se], dans le

Nouveau-Testament (Act. XIII, 33, Hébr. I, 5 et V, 5). Quant au mot de

_procession_, il vient d'une traduction fort gratuite d'un verset de

l'Évangile selon saint Jean, où on lit: _Spiritum veritatis qui a patre

procedit_ (XV, 26); «l'esprit de vérité qui procède du Père.» Le

mot grec [Grec: ekporeuetai] veut dire proprement qu'il sort, qu'il

s'extrait. Sur ces textes seuls on n'imaginerait pas de regarder comme

essentiels à la Trinité, comme identifiés au dogme, les deux mots que

nous discutons, et l'on se bornerait à dire et à croire que la Trinité,

c'est le Père, le Fils unique du Père, et le Saint-Esprit, qui sort du

Père et qui reçoit du Fils[329].

[Note 327: Act. VIII, 33.]

[Note 328: Jean, I, 18, et Ep., IV, 9.]

[Note 329: «_Il recevra de ce qui est à moi._» (_Ille de meo accipiet_.)

Ainsi Sacy traduit ces mots: [Grec: ek tou emou lêphetai], qui sont le

texte le plus formel que l'on cite pour prouver que, selon l'Écriture,

le Saint-Esprit procède du Fils. Jean, XVI, 14.]

On voit en effet que dans les premiers siècles, l'Église n'avait adopté

aucune expression, décrété aucune définition du mode suivant lequel le

Père produit son Verbe. Il paraît que le premier nom qui eût été donné à

ce mode, à cet acte ineffable, était en grec celui de [Grec: probolê],

littéralement _projection_, qu'on a rendu en latin par _prolatio_

ou _productio_, et remplacé aussi par _émanation_[330]. Employé

généralement par ceux qui, n'admettant pas la création, voulaient

exprimer comment les essences spirituelles étaient sorties de l'essence

divine, ce terme d'émanation paraissait ici bien placé; le Fils et le

Saint-Esprit pouvaient être dits émaner, puisqu'ils sont d'essence

spirituelle, puisqu'ils sont provenus de l'essence du Père, sans en

être créés, et sans en être détachés au point de former de nouvelles

essences. Aussi quelques Pères ont-ils emprunté ce mot d'_émanation_

soit aux alexandrins, soit aux gnostiques, les uns le restreignant dans

le sens catholique qui vient d'être indiqué, les autres prenant avec

lui toute la doctrine qui faisait de ces émanations des _éons_

consubstantiels à Dieu, au sens seulement de l'homogénéité de nature.

Mais le danger de tomber dans le gnosticisme a fait bientôt renoncer à

ce langage. On a essayé du mot de _parabole_; on a dit aussi _émission_,

_prolation_, jusqu'à ce qu'enfin on se soit décidé à dire _génération_,

en écartant toute idée d'imperfection qu'emporte ce terme appliqué à la

nature humaine. Ainsi le fils a été dit _engendré_ parce qu'il est fils,

à condition que ce mot de _génération_ fût dépouillé de toute analogie

avec la filiation humaine; et l'émana tion du Saint-Esprit a été appelée

_procession_ et quelquefois _spiration_, parce qu'il n'est pas fils de

Dieu. De sorte que la première expression, celle de génération, n'a plus

rien de commun que l'apparence avec le sens littéral, et ne s'étend

pourtant pas au Saint-Esprit, quoiqu'elle ait été réduite à l'état de

pure métaphore.

[Note 330: [Grec: probolê], _projectio, prolatio_, d'abord employé,

mais devenu suspect par l'usage qu'en avaient fait les Ariens et les

Valentiniens. Puis, on y est revenu, notamment Tertullien, Grégoire de

Nazianze et saint Jean Damascène qui nomme le Père [Grec: dia logou

proboleus tou ekphantoriokou pneumatos] (_De Fide_, I, XIII). Tel fut

aussi le sort du mot [Grec uporroia], _transfusio_, écoulement ou

émanation, compromis par les Sabelliens, réhabilité par Athanase et

Origène. Mais [Grec: probolê] est resté plus usité, surtout comme

procession du Saint-Esprit. Celle ci a été diversement nommée. Comme il

y a toujours eu dans la désignation des personnes quelque trace d'une

métaphore qui représentait le Père comme la pensée, le fils comme la

parole, le Saint Esprit comme le souffle, résultat ou lien de la

pensée et de la parole, le mot [Grec: pnoê], _spiratio_, A été le plus

volontiers admis avec celui d'[Grec: ekporeusis], consacré par le verset

de l'Évangile qui sert de titre au dogme même. Mais on dit aussi [Grec:

ekphoitêsis], sortie, [Grec: ekpemphis] émission, [Grec: proeïnai],

laisser échapper, [Grec: proskeisthai], S'attacher, [Grec: ekphusis],

rejeton. C'est ici une des idées chrétiennes qu'il est le plus facile de

confondre avec une idée alexandrine. L'expression figurée de _processus_

a bien de l'analogie avec le [Grec: proodos] de Proclus, et on lit dans

Grégoire de Nazianze que les propriétés des personnes sont [Grec: to

anarchon, ê gennêsis kai ê proodos]. (Proclus, _Theol. plat._, t. III,

c. xxi.--Nazianz., _Or_., xiii.--Sulcor., _Thesaur., verbo_ [Grec:

ekporeusis].--Pelav., _Dogm. Theol._, t. II, t. V, c. viii, t. VII, c. x

et xi, t. VIII, c. i.)]

Ces deux mots ont été consacrés pour désigner l'une et l'autre relation

principale du Fils au Père et du Saint-Esprit au Père et au Fils, et

quand on a voulu attacher une idée à ces mots, les définir, seulement

les comprendre, même dire que l'un étant différent de l'autre, ils ne

pouvaient exprimer tous deux la même façon _d'être de la substance_ du

Père, on est presque immanquablement tombé dans l'hérésie. Tout le monde

n'a pas eu la sincérité de saint Augustin, avouant qu'il ignore

comment on doit distinguer la génération du Fils de la procession du

Saint-esprit, et que sa pénétration échoue contre cette difficulté[331].

Longtemps avant lui, et, je crois, avant que la langue du dogme fût

fixée, saint Irénée semblait avoir prévu tous les dangers de cette

terminologie, quand il disait avec tant de sagesse: «Si quelqu'un nous

demande comment le Fils a été produit par le Père, nous lui répondrons

que cette production (_prolatio_), ou génération, _nuncupatio,

adapertio_, ou tout autre terme dont on voudra se servir, n'est

connue de personne, parce qu'elle est inexplicable.... Quiconque ose

entreprendre de la concevoir ou de l'expliquer ne s'entend pas lui-même

en voulant dévoiler un mystère ineffable[332].»

[Note 331: _Contr. Maxim._, II, XIV. Bossuet dit dans le même sens:

«Dieu a voulu expliquer que la procession de son Verbe était véritable

et parfaite génération: ce que c'était que la procession de son

Saint-Esprit, il n'a pas voulu le dire, ni qu'il y eût rien dans la

nature qui représentât une action si substantielle et tout ensemble si

singulière. C'est un secret réservé à la vision bienheureuse.» (_Élév.

sur les Myst._ 2e som. V.)]

[Note 332: S. Iren., _Contr. Hæres._, II, xxviii, 6.--Voyez aussi

Bergier, _Dict. De Théol._ aux mots _Saint-Esprit_, _Émanation_,

_Génération_.]

Abélard, Tome II · 第 21 / 33 题